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Réalisations de la Société immobilière d'Orléans

Dossier IA45003063 réalisé en 2010

Fiche

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Aires d'étudesCommune d'Orléans
LocalisationCommune : Orléans

La Société immobilière d'Orléans a été fondée en 1879 par deux ouvriers orléanais et eut pour premier président Colas des Francs. Cette société anonyme à capital variable, installée au n° 2 rue Saint-Anne puis n° 26 rue des Carmes, avait pour but de développer l'esprit d'épargne en facilitant l'accession à la propriété. Ses constructions, presque exclusivement ouvrières, étaient payables en 25 annuités. Les maisons et immeubles, souvent associés à de petits commerces, ont été bâtis par la société au cours des années 1880. En décembre 1882, plus de 100 maisons à un étage, d'une valeur totale d'au moins 900.000 frs (terrains compris), étaient déjà construites. En 1889, ses réalisations lui valurent une médaille d'argent à l'exposition universelle de Paris (section d'économie sociale). Selon le discours prononcé par le président de la société, M. Rossignol, le 7 mai 1891, à l'occasion du passage du Président de la République Sadi Carnot, la société avait construit en 10 ans 238 maisons pour un coût total de 2.500.000 frs.

D'après les annuaires d'Orléans, elle est encore active dans les années 1920. On ignore cependant si elle a continué à construire après les années 1880.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Personnalité : Société immobilière d'Orléans promoteur attribution par source

Les réalisations de la Société immobilière d'Orléans se situent principalement dans les quartiers Dunois, Madeleine et de la Gare, à proximité d'anciens établissements industriels et militaires. 128 maisons et immeubles ont été repérés au sein d'opérations groupées dans des lotissements.

Ces constructions sont réalisées en moellon de calcaire et en brique et reproduisent généralement les mêmes détails architectoniques. La façade est enduite sur un soubassement en pierre de petit appareil (deux ou trois assises). Portes et fenêtres sont couvertes d'une plate-bande en brique rouge et pierre calcaire, cette dernière étant employée pour les sommiers, les appuis et la clef de la plate-bande. La corniche peut être en brique apparente ou recouverte d'un enduit de plâtre mouluré. La toiture à deux pans (rarement à longs pans brisés) est couverte en ardoise. Seules certaines constructions de la cité des Fleurs (rue de l'Immobilière), présentant une modénature plus soignée, font exception. Les façades sont ici soulignées par des baies à chambranles à crossettes, des chaînes en bossage, des plates-bandes et des allèges ornées de carreaux de céramique aux motifs de fleurs ou géométriques.

Deux types de construction se dégagent de l'ensemble des réalisations de la société. Le type le plus courant est une habitation étroite à deux travées, de 5 à 6 m de façade, à un étage carré couvert d'un toit à deux pans en ardoise, et généralement adossée à une construction du même type. Cette habitation abritait un ou deux logements superposés, de deux pièces et cuisine (dans un corps de bâtiment en retour), avec communs dans la cour (buanderie, W.C.). Le rez-de-chaussée pouvait être également occupé par une boutique, associée au logement à l'étage. Une variante à deux étages carrés a pu être observée dans le lotissement des Acacias ou le lotissement de la Société immobilière n° 3.

Le second type d'habitation est le petit immeuble à façade symétrique, d'un étage carré, bâti sur une parcelle de 8 à 9 m de large. L'entrée, médiane, ouvre sur un couloir desservant deux logements. L'escalier en façade postérieure conduit à l'étage. Deux corps de bâtiment sur cour, abritant la cuisine, sont adossés aux limites mitoyennes.

Annexes

  • Présentation des réalisations de la Société immobilière d'Orléans par Émile Cacheux, extrait de État des habitations ouvrières à la fin du XIXe siècle ; étude suivie du Compte rendu des documents relatifs aux petits logements qui ont figuré à l'Exposition universelle de 1889, p. 143-144 :

    Présentation des réalisations de la Société immobilière d'Orléans par Émile Cacheux, extrait de État des habitations ouvrières à la fin du XIXe siècle ; étude suivie du Compte rendu des documents relatifs aux petits logements qui ont figuré à l'Exposition universelle de 1889, p. 143-144 :

    "La Société coopérative immobilière d'Orléans a été fondée en 1879, par deux ouvriers intelligents, dans le but de multiplier les petits logements et de donner aux travailleurs la facilité de devenir propriétaires en payant le prix d'une maison par annuités.

    La société construit des maisons sur des terrains qui appartiennent à ses clients. Dans ce cas elle leur donne la facilité de se libérer en vingt-cinq années en payant une annuité calculée à raison de 7,10 % du prix de vente, ce qui permet d'attribuer au capital un intérêt de 5 %. Pour diminuer la durée du remboursement et pour augmenter son fonds de roulement, la Société cède son privilège d'entrepreneur à des bailleurs de fonds qui se contentent d'un intérêt de 4,5 %. La Société n'a plus qu'une deuxième hypothèque sur la propriété de son client, par contre, ce dernier n'a plus à payer qu'une annuité de 6,75 % de la somme représentant au moins la moitié de la valeur de l'immeuble. Cette combinaison ne rompt pas les conditions de libération de l'emprunteur, et, lorsqu'il est libéré de la Société, le fait bénéficier d'un intérêt de 4,5 % pour ses versements.

    Lorsque l'acquéreur n'a pas de terrain, la Société traite avec lui et construit une maison qu'elle loue sur plan avec promesse de vente.

    Une maquette exposée représentait le type maison le plus apprécié par les orléanais ; c'est une construction à façade étroite. D'ailleurs, la Société a élevé ses maisons suivant un grand nombre de types distincts ; en général, elles ont deux étages. Le montant de l'annuité exigé de l'acquéreur diffère très peu de la valeur locative et cet acquéreur peut sous-louer souvent une grande partie de sa maison. Il est ainsi logé presque gratuitement ; mais, par contre, l'hygiène souffre de cet état de choses.

    Quoique ne disposant d'aucun avoir, les deux fondateurs de la Société d'Orléans sont parvenus à faire souscrire un capital de 425.900 francs. Avec cette somme et les rentrées provenant des ventes, la Société a construit 203 maisons qui ont coûté 2.200.000 fr. Aujourd'hui, la construction des maisons est à peu près arrêtée, car l'encombrement que l'on constatait à Orléans a disparu. Les fondateurs de la Société ont donc atteint un des plus beaux résultats qu'ils visaient : savoir procurer aux travailleurs des logements salubres et à bon marché."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Loiret. Journal du Loiret. 24 décembre 1882 et 9 mai 1891.

Bibliographie
  • CACHEUX, Émile. État des habitations ouvrières à la fin du XIXe siècle ; étude suivie du Compte rendu des documents relatifs aux petits logements qui ont figuré à l'Exposition universelle de 1889. Paris : Baudry, 1891, 184 p. [en ligne sur Gallica, cf. lien web]

Périodiques
  • DEBAL, Jacques. De la cité des Fleurs à la place Colas-des-Francs : une opération d'urbanisme social à Orléans à la fin du XIXe siècle. Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, tome X, n° 81, septembre 1988, p. 41-48.

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