Logo ={0} - Retour à l'accueil

Lotissement réglementé Rime-Allou

Dossier IA45002965 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Contexte historique et urbain

Plan du lotissement Rime-Allou, 1928. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).Plan du lotissement Rime-Allou, 1928. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).Les rues de l'Écale et Porte-Dunoise (anciennement rue des Abattoirs) constituent aujourd'hui les deux seuls témoins du premier Plan d'Aménagement, d'Extension et d'Embellissement de la Ville d'Orléans (P.A.E.E.) qui avait été dressé en 1922 par le directeur honoraire des travaux municipaux Besnard. Approuvé par le conseil municipal du 9 juillet 1926, ce plan constituait une première réponse à la loi Cornudet du 14 mars 1919. En obligeant les villes de plus 10.000 habitants à encadrer leur extension, cette loi instaurait le premier régime de planification en France. Le plan Besnard, qui prévoyait l'aménagement du secteur Madeleine selon une trame orthogonale de voies non différenciées, fut remis en cause en 1930 par le conseil municipal. Celui-ci confia deux ans plus tard, après concours, l'élaboration d'un nouveau plan à l'urbaniste Donat-Alfred Agache qui ne sera jamais approuvé.

De fait, le prolongement de la rue de l'Ecale s'effectuera au coup par coup, au grès des projets privés (lotissement Dufour en 1931, puis Cordonnier dans les années 1940 et la Ville dans les années 1950). La rue Porte-Dunoise sera également prolongée dans les années 1950 lors de la création d'un nouveau quartier d'habitat collectif.

Caractéristiques morphologiques et architecturales

Maisons, 9-19 rue Porte-Dunoise.Maisons, 9-19 rue Porte-Dunoise.Dans une logique d'économie d'espace, les maisons du lotissement Rime-Allou conservent une mitoyenneté partielle d'un côté et aménage de l'autre un passage latéral piéton qui offre un accès direct au jardin arrière depuis la rue. Ce phénomène souligne la tendance qui émerge après la Première Guerre mondiale dans la proche périphérie orléanaise, celle du pavillon isolé accompagné de son jardin individuel, que l'on peut également observer dans les lotissements contemporains Pellé (rue Landreloup) et du Baron (en particulier rue Cornu) situés dans le même secteur ou dans le lotissement Coursimault au sud de la Loire. Cependant, en l'absence de toute servitude de retrait (imposée dans les deux derniers lotissements) et afin de permettre une plus grande profondeur de jardin, les maisons se sont alignées le long des rues de l'Écale et Porte-Dunoise (image ci-contre). Au contraire, pour les propriétaires de la rue du Faubourg-Madeleine (n° 70 à 74), l'aménagement d'un jardin ou d'une cour devant la maison offrait à la fois un accès facilité aux garages automobiles et un espace tampon atténuant les nuisances de la rue.

Alignement de maisons rue Porte-Dunoise.Alignement de maisons rue Porte-Dunoise.Le long des deux voies de desserte du lotissement, la présence des petits pavillons économiques à pignon sur rue témoigne des effets incitateurs de la loi Loucheur votée en 1928 qui établit un programme quinquennal de 260.000 logements H.B.M. et H.L.M. et encouragea l'accession à la propriété immobilière. La succession de ces pavillons d'un même gabarit et la mise en oeuvre des façades de moellon ou la modénature de brique associée à l'utilisation récurrente d'éléments industriels issus du commerce engendrent ainsi la continuité du paysage urbain. Assurément, l'homogénéité qui en découle illustre une certaine idée "d'être entre soi", une idée qui ne devait pas être étrangère au projet des industriels promoteurs et qui avait dû inciter les accédants à s'installer dans le lotissement.

Précision dénominationlotissement réglementé
AppellationsRime-Allou
Parties constituantes non étudiéesmaison, jardin
Dénominationslotissement
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : 8 à 12 rue, de l'Écale , pairs de 2 à 18, impairs de 7 à 19 rue, Porte-Dunoise , pairs de 68 à 74 rue du
Faubourg-Madeleine
Cadastre : 2008 AI 333 à 337, 383 à 385, 407 à 420

Le lotissement a été réalisé à partir de 1928 par Jean Padieu pour le compte de M. et Mme Rime et Allou, industriels à Orléans. Jean Padieu, qui entreprend l'aménagement du lotissement des Montées au début des années 1930, représente à cette période la société immobilière Bernheim, société spécialisée dans l'aménagement de lotissements. Approuvé par arrêté préfectoral du Loiret du 4 août 1928, le projet de lotissement prévoit un découpage en 15 lots de superficies variant entre 300 et 800 m² et l'ouverture de deux voies de desserte dont le tracé est conforme au Plan d'Aménagement, d'Extension et d'Embellissement de la Ville d'Orléans (P.A.E.E.) conçu par Besnard en 1922. Le cahier des charges qui accompagne le projet définit l'usage strictement résidentiel du lotissement en interdisant l'installation d'établissements, de commerces et d'industries pouvant gêner la tranquillité des habitants (bruits, odeurs). Si l'implantation des constructions n'est pas déterminée, les acquéreurs ont néanmoins l'obligation de se clore sur la rue par une grille en bois ou en fer, ou par un mur pouvant être surmonté d'une grille. Les acquéreurs ne sont enfin soumis à aucune construction particulière mais le promoteur indique que les constructions visibles depuis la rue doivent être réalisées en matériaux durables. Suite à l'autorisation, les terrains sont rapidement vendus en fonction de la demande des acquéreurs et se construisent dès 1929. Le lotissement attire alors principalement une clientèle populaire qui y fait bâtir des habitations à bon marché bénéficiant des financements de la loi Loucheur votée en 1928.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1928, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Rime-Allou promoteur attribution par source

Le lotissement Rime-Allou est implanté en bordure de la rue du Faubourg-Madeleine, en face des anciens abattoirs de la ville (aujourd'hui la Poste et la mairie de proximité). Il est desservi par deux rues perpendiculaires, la rue Porte-Dunoise et la rue de l'Écale, cette dernière étant tracée parallèlement à la rue du Faubourg-Madeleine, comme le préconisait le premier plan d'aménagement, d'extension et d'embellissement de la ville. Il comprend 22 lots de tailles variées inférieures au projet d'origine, mesurant entre 170 m² et 620 m². La largeur des parcelles, entre 9 et 13 mètres, est également inférieure au plan d'origine dont les largeurs, qui pouvaient atteindre 18 mètres, étaient adaptées à l'implantation d'édifices en coeur de parcelle. Rue de l'Écale et rue Porte-Dunoise, les maisons alignées sur la rue sont bâties entre mitoyens ou sont bordées d'un passage latéral étroit qui permet d'accéder au jardin situé à l'arrière. Une seule maison a été bâtie en fond de parcelle et est accessible par un chemin depuis la rue Porte-Dunoise (n° 13). Rue du Faubourg-Madeleine et aux n° 10 et 12 rue de l'Écale, les maisons sont implantées entre une cour traitée en jardin d'agrément et un jardin. Les clôtures se composent ici d'un mur d'appui surmonté d'une grille métallique conforme au cahier des charges du lotissement. Si l'on observe des maisons à un étage carré, bâties individuellement ou jumelées (n° 10-12 rue de l'Écale), le lotissement se caractérise principalement par la présence de pavillons H.B.M. construits rue Porte-Dunoise (n° 11 à 19) et rue de l'Écale (n° 8 à 12), composés d'un rez-de-chaussée et d'un étage de comble, et présentant un pignon en façade sur rue. Trois autres pavillons dont deux sont jumelés se distinguent rue du Faubourg-Madeleine (n° 70-72) par la présence d'un niveau de soubassement à destination de garage. Dans l'ensemble du lotissement, les habitations sont construites en moellon et en brique et sont couvertes de toits à deux pans et demi-croupes en tuile mécanique ou en ardoise. On note également la récurrence de l'usage de la brique crue et silico-calcaire (arcs, piédroits ou bandeaux décoratifs) et des linteaux métalliques couronnant les baies. Le décor se limite à quelques dents d'engrenage en brique, au moellon à tête redressée laissé apparent au bas des façades ou traité en bandeaux (n° 9 et 11 rue de l'Écale), et à un faux pan de bois (18 rue de l'Écale).

Mursbrique
brique silico-calcaire
métal
enduit
faux pan de bois
moellon
Toittuile mécanique, ardoise
Étagessous-sol, étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à deux pans
Typologieslotissement réglementé
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait du cahier des charges du lotissement Rime-Allou, 10 mars 1928 (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513) :

    "Article premier - rues projetées :

    Il est ici expliqué que le lotissement sera desservi par deux rues prévues au plan d'extension de la Ville d'Orléans, sous les numéros 7 et II ; lesdites rues d'une largeur de douze mètres avec pans coupés aux points de jonction avec les autres voies et l'une avec l'autre, et telles qu'elles figurent au plan ci-après. La rue numéro 7 partira du faubourg Madeleine dans la direction de la rue Brise-pain. La numéro II sera parallèle au faubourg Madeleine et traversera la précédente (...)

    Article deuxième - clôture :

    Les acquéreurs devront se clore : pour la façade de leur lot donnant sur la rue, soit par une grille en bois ou en fer, soit par un mur, ledit mur pouvant être lui-même surmonté d'une grille. Sur tous les autres aspects des lots vendus les acquéreurs auront le droit de se clore comme bon leur semblera (...) les acquéreurs des lots tenant par leur façade ouest le surplus de la propriété réservée par Mr et Mme Rime, devront édifier à leurs frais, dans les trois mois de leur entrée en jouissance, un mur ou une palissade pleine, dont la hauteur ne pourra être inférieure à un mètre quatre vingt centimètres (...)

    Article cinquième - professions et Industries :

    Les acquéreurs ou leurs locataires ne pourront jamais exercer dans la propriété lotie aucune des professions rangées par la loi, les décrets, ordonnances et règlements de police, dans la première classe des établissements insalubres, dangereux ou incommodes ; sont également prohibés les commerces ou industries bruyants ou donnant de mauvaises odeurs.

    Article sixième - mode d'établissement des constructions :

    Les acquéreurs ne seront assujettis à aucune mode de construction particulière. Toutefois sont prohibés d'une façon générale dans tous les lots et pour les constructions visibles des rues, l'emploi des vieux matériaux de démolition, morceaux de tôle usagée, planches usagées, et ce, à peine pour l'acquéreur qui contreviendrait à cette prohibition d'être contraint par toutes les voies de droit à l'enlèvement ou à la démolition de la construction incriminée, sans préjudice de tous dommages et intérêts. Les acquéreurs auront toujours la faculté d'édifier des hangars ou remises en matériaux usagés, mais seulement derrière l'habitation principale et jamais en bordure de leur terrain sur rue (...)

    Article huitième - alignement :

    Tous les acquéreurs seront tenus de se conformer pour se clore définitivement du côté de leur lot tenant au faubourg-Madeleine et aux autres rues, à tous plans, arrêtés et décisions des autorités compétentes et de procéder à l'application des alignements, reculements et redressements à leurs frais, risques et périls (...)

    Article treizième :

    (...) Conformément à la loi, les dispositions du présent cahier des charges, ne deviendront définitives qu'après les formalités de dépôt et l'approbation administrative prescrite par l'article onze de la loi du 19 juillet 1924 et à moins d'une autorisation spéciale de Mr le Préfet du département du Loiret la vente des terrains faisant l'objet du lotissement qui précède et l'édification de constructions dans lesdits terrains, ne pourront s'effectuer qu'après l'approbation administrative voulue par la loi."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, 2513, cotation provisoire. Lotissements privés, projets et enquêtes. Avec plans, 1928-1939.

  • Archives départementales du Loiret ; 129 W 23344. Lotissements d'Orléans.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 178. Casier sanitaire des immeubles, rue de l'Écale. 1929-1969.

Documents figurés
  • Plan du lotissement Rime-Allou, 1928. (Archives municipales et communautaires d'Orléans. 2513).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann