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Lotissement réglementé des Beaumonts

Dossier IA45003021 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

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Contexte historique et urbain

Plan-masse du lotissement, 15 mars 1955. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, Série O, 692).Plan-masse du lotissement, 15 mars 1955. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, Série O, 692).Au début des années 1950, la Ville d'Orléans s'engage dans un vaste programme de construction comprenant plusieurs centaines de logements collectifs dans les secteurs ouest (Madeleine) et est de la commune (Argonne), dont plusieurs seront construits dans le cadre de l'opération Million (un logement pour un million) lancée en France en 1955. Le lotissement des Beaumonts, entrepris pendant cette période, constitue une réponse à la demande de logements économiques individuels accessibles à la propriété. Son plan est confié à Léon-Emile Bazin, architecte conseil du Loir-et-Cher et du Loiret qui a également à sa charge à la même période les plans des lotissements du Clos-Belneuf et du quartier de la Gare.

Caractéristiques morphologiques et architecturales

Le lotissement est situé à équidistance de la rue du Petit-Chasseur au nord et de la rue Brise-pain au sud, à l'origine sur un seul terrain. La trame générale, qui évoque celle de la cité-jardin d'Arcueil (construite en 1921-1923), s'organise autour d'une place en bras de turbine, d'où partent deux axes longitudinaux (rue du Général-de-Sonis et rue Paul-Gauguin) auxquels sont reliées deux rues et trois impasses tracées perpendiculairement. La rue Porte-Dunoise forme le second axe principal du lotissement et joue un rôle de circulation primaire au sein du quartier. Cette rue, située dans le prolongement de la rue Landreloup percée au début des années 1920, figurait au Plan de Reconstruction et d'Aménagement de la ville adopté en 1949.

Maison, 59 rue Porte-Dunoise.Maison, 59 rue Porte-Dunoise.Le long de ces différentes voies, les maisons sont implantées en rangée discontinue et en retrait selon une composition symétrique qui se joue à l'échelle d'un îlot. Elles sont entourées d'un jardin traité en agrément côté rue (ayant parfois été remplacé par une cour bitumée ou pavée) clôturé selon plusieurs dispositifs. Ces clôtures se composent de simples grillages tenus par des poteaux de ciment parfois doublés d'une haie ou de murs surmontés de grilles métalliques, de barrières, de clôtures basses à muret parfois surmonté d'une barre d'appui. Les dessins des grilles métalliques, que l'on retrouve également à Orléans dans les lotissements du Clos-Belneuf, de la rue Eugène-Turbat ou de la rue Georges-Papelier, sont caractéristiques de la fin des années 1950 : cadres tubulaires à remplissage de grillage à trame fine, motifs géométriques tels que les losanges, les cercles, les dents de scie, les formes sinusoïdales.

Maison, 6 rue Maurice-Rollinat.Maison, 6 rue Maurice-Rollinat.Plusieurs maisons, bâties par des propriétaires isolés, empruntent leur forme au pavillon d'avant-guerre à pignon sur rue, dont quelques uns témoignent de certains régionalismes courants à cette période, en particulier les maisons couvertes de toits asymétriques (n° 6 rue Maurice-Rollinat, image ci-contre, n° 59 rue Porte-Dunoise, image ci-dessus). Si quelques propriétaires isolés ont pu se grouper pour construire simultanément, à l'image des n° 15-17 rue du Général-de-Sonis, le paysage du lotissement demeure cependant fortement marqué par les groupes d'habitations réalisés par des sociétés privées.

Maisons jumelées, 5-7 rue Maurice-Rollinat.Maisons jumelées, 5-7 rue Maurice-Rollinat.Un groupe de huit maisons économiques et familiales homologuées, dessinées par l’architecte Jacques Bruneteau, a été édifié rue Paul-Gauguin (n° 4 à 18). Comprenant chacune un étage carré couvert à deux pans en ardoise et un garage accolé, elles possèdent des façades enduites simplement soulignées par les piédroits de baies en brique. La société coopérative de castors "construire" a quant à elle édifié 28 maisons qui se répartissent en 26 maisons jumelées et deux maisons individuelles (n° 1 rue du Général-de-Sonis et n° 6 rue Léon-Thauvin). Les maisons jumelées sont construites selon quatre formules distinctes : maisons d'un étage à lucarnes attiques et accès en pignon (n° 5-7 rue Maurice-Rollinat, image ci-contre), maisons d'un étage dont l'entrée côté jardin est surmontée d'un balcon triangulaire (n° 9-11 rue du Général-de-Sonis), maisons en rez-de-chaussée surélevé et un étage carré couvertes à deux pans et croupes (n° 7-9 rue du Général-de-Sonis).

Maisons jumelées, 20-22 rue Paul-Gauguin.Maisons jumelées, 20-22 rue Paul-Gauguin.

Si ces maisons conservent pour la plupart des formes traditionnelles, l'un des types affiche une composition moderne qui se traduit par son volume massé et sa couverture en terrasse (n° 2-4, 5-7 rue Léon-Thauvin ou n° 20-22 rue Paul-Gauguin, ci-contre), même si certaines ont été recouvertes postérieurement d'une toiture en ardoise.

Précision dénominationlotissement réglementé
Appellationsdes Beaumonts
Parties constituantes non étudiéesmaison, jardin, place, chapelle, église
Dénominationslotissement
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : 50 à 62, pairs de 64 à 70 rue, Porte-Dunoise , rue, Général-de-Sonis , rue, Paul-Besnard , rue, Maurice-Rollinat , rue, Léon-Thauvin , rue, Paul-Gauguin , impasse, Mac-Nab , impasse, André-Chenal , place
Adolphe-Cochery
Cadastre : 2008 AI 10 à 14, 26 à 28, 40 à 52, 58 à 64, 74, 75, 80, 82, 89, 98 à 104, 118 à 146, 606, 607

Le lotissement situé dans l'ancien clos des Beaumonts a été réalisé par la Ville d'Orléans. Approuvé par le conseil municipal le 12 novembre 1954 puis le 31 mars 1955, il a été autorisé par la préfecture du Loiret le 27 juin 1955. Selon le programme d'aménagement, le lotissement est destiné à la construction d'habitations économiques et familiales en accession à la propriété. Le plan-masse, dessiné par l'architecte Léon-Émile Bazin, prévoit un découpage en 73 lots sur lesquels doivent être édifiées des maisons isolées ou jumelées, implantées à 3 m minimum des rues et à 2,50 m des limites latérales. D'après le cahier des Charges, rédigé par l'architecte Bazin et le directeur des travaux municipaux Bourdin, la Ville a la faculté d'autoriser la construction en bande ainsi que l'exercice des professions libérales et artisanales. Les délais de construction sont fixés à 24 mois maximum après l'acquisition du terrain pour des maisons qui doivent comporter au maximum un étage carré associé à un niveau de comble, avec ou sans sous-sol. En juin 1955, le prix des terrains est fixé à 500 francs le mètre carré, plus 3000 francs par mètre linéaire de façade. Parmi les acquéreurs figure la société coopérative de construction "Construire" qui édifie 28 maisons jumelées au centre du lotissement. L'ensemble du lotissement est bâti à la fin des années 1950 après quelques modifications du plan-masse, notamment la cession d'un terrain à l'association diocésaine pour y construire une chapelle à l'angle des rues Porte-Dunoise et du Général-de-Sonis, et la construction de deux bandes de maisons rue du Général-de-Sonis, place Adolphe-Cochery et rue Paul-Gauguin.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1955, daté par source
Auteur(s)Auteur : Bazin Léon-Emile
Bazin Léon-Emile (1900 - 1976)

Voir : http://www.citechaillot.fr/ressources/expositions_virtuelles/portraits_architectes/biographie_BAZIN.html


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Auteur : Larrenmendy géomètre attribution par source
Auteur : Kapfer géomètre attribution par source
Personnalité : Ville d'Orléans
Ville d'Orléans

Commanditaire, maître d'ouvrage


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Personnalité : Société coopérative de construction "Construire"
Société coopérative de construction "Construire"
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Le lotissement communal des Beaumonts est situé entre la rue du Petit-Chasseur et la rue Brise-Pain. Il est desservi par un réseau hiérarchisé de sept voies nouvelles, dont quatre impasses, et par une place. Il comprend 77 lots sur lesquels sont édifiées 75 maisons isolées ou jumelées et l'église Saint-Laurent Notre-Dame des Foyers, construite à l'angle des rues Porte-Dunoise et du Général-de-Sonis. Le bâti se compose de maisons implantées en rangées discontinues, isolées, accolées deux à deux ou groupées en bande de quatre unités (dès l'origine ou suite à des extensions latérales). Ces maisons comportent conformément au cahier des charges des élévations qui varient entre le simple rez-de-chaussée pour une maison isolée et la maison à un étage carré pour des maisons groupées. Elles sont construites de plain-pied ou sur un niveau de cave, un sous-sol semi-enterré ou un niveau de soubassement intégrant un garage. Bâties en moellon enduit, en brique ou en béton, elles sont couvertes de toits à deux pans, à deux pans et croupe en ardoise ou en tuile mécanique, ou de terrasses (rue Léon-Thauvin, rue Paul-Gauguin et impasse Mac-Nab).

Mursbéton
enduit
moellon
Toitardoise, béton en couverture
Étagessous-sol, en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couverturesterrasse
toit à deux pans
croupe
Typologieslotissement réglementé
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait du cahier des charges du lotissement, 15 mars 1955, dressé par L. Bazin, architecte, et Bourdin, Directeur des services techniques municipaux (Archives municipales d'Orléans, série O, 692) :

    "Article 1er : destination du lotissement

    Le lotissement est destiné à permettre aux personnes de conditions modestes, désireuses d'accéder à la petite propriété, de construire des habitations modestes et familiales. La commission municipale, chargée de la répartition des lots, pourra donc, en conséquence, refuser toute cession aux candidats acquéreurs dont les projets de construction ne répondraient pas, entre autres considérations, à ce but.

    Chapitre II : attribution et utilisation des lots

    Article 5 : attribution des lots

    Sauf décision contraire du Conseil Municipal, l'attribution des lots sera faite par une commission municipale désignée par le Conseil municipal. Ces décisions sont sans appel.

    Article 6 : délais de construction

    L'acquéreur devra déposer dans un délai de neuf mois à dater de la signature de l'acte de cession, la demande de permis de construire.

    Il sera tenu d'avoir terminé ses travaux et de présenter le certificat de conformité dans un délai de 15 mois à dater de la délivrance du permis de construire, et si ce dernier délai était plus court dans un délai de deux ans à partir de la date d'entrée en jouissance du terrain.

    Si l'acquéreur a été mis, par des circonstances indépendantes de sa volonté, dans l'impossibilité de construire dans le délai imparti, il pourra solliciter une prolongation de délai. La commission municipale sera juge de la valeur des motifs indiqués. Elle aura la possibilité d'octroyer des délais supplémentaires dont le total ne devra pas dépasser un an.

    Toutefois, pour l'application du présent article, l'obligation de construire sera considérée comme remplie au jour du versement par le Crédit Foncier de France ou par le sous-comptoir des entrepreneurs de la première tranche du prêt consenti par ces établissements ou d'une avance sur prêt à titre de démarrage ou de préfinancement.

    Il est interdit aux acquéreurs de mettre en vente les terrains qui leurs sont cédés avant l'achèvement de la totalité des travaux prévus, sans en avoir, au moins trois mois à l'avance, avisé le Maire de la Ville d'Orléans.

    Tout morcellement, quelle qu'en soit la cause, des terrains cédés, est interdit, même après réalisation des travaux prévus, sauf autorisation spéciale de la Ville, et ce, sans préjudice, s'il y a lieu, de l'application des dispositions législatives et réglementaires relatives aux lotissements.

    Chapitre III : règlement relatif aux constructions

    Article 8 : distribution du lotissement

    Les lots n° 7, 8, 19, 22, 38, 42 et 67 seront destinés à recevoir des constructions isolées.

    Les autres lots seront obligatoirement occupés par des constructions jumelées. Les attributaires devront se grouper pour construire simultanément.

    La Ville d'Orléans se réserve le droit, le cas échéant, de procéder à tout moment, à un nouveau remembrement des parcelles non encore acquises, afin de permettre la construction en bande, sauf pour elle, à obtenir à cet effet, toute construction légale et réglementaire.

    Les acquéreurs, leurs ayants-droit, ou leurs successeurs, ne pourront, en totalité ou en partie, céder aux propriétaires de terrains voisins, ni à qui que ce soit, aucune fraction de leur lot pour l'établissement de passages ou de voies d'accès, soit entre plusieurs propriétés, soit sur une voie créée ou à créer.

    Est également interdit, tout morcellement ou division du lot, ainsi que tout droit de passage au public sur le lot.

    Article 9 : constructions interdites

    Les parcelles sont destinées uniquement à recevoir des bâtiments à usage d'habitation principale. En conséquence, sont prohibés les usines, ateliers, dépôts, entrepôts, de tous genres qu'ils soient compris ou non parmi les établissements classés comme étant dangereux, insalubres ou incommodes. La même prohibition s'étend également à l'exercice de toute profession, métier, industrie ou commerce.

    Toutefois, sur autorisation spéciale de la Commission Municipale, pourront être autorisées les constructions nécessaires à l'exercice de professions artisanales ou de professions libérales. Ces constructions devront cependant toujours comporter au moins un logement.

    Sont interdits d'une manière définitive, tous les débits de boissons.

    Ces interdictions sont formulées eu égard, non seulement à la construction primitive, mais visent également tous agrandissements, transformations, adjonctions, surélévations, etc...à venir.

    En outre, est interdite toute location en meublé ou sous-location en meublé. L'acte de location ou de sous-location serait nul et de nul effet en application de l'article 143 du code de l'urbanisme et de l'habitation.

    Article 10 : implantation des constructions

    Les constructions seront édifiées comme il est dit à l'article 8 ci-dessus.

    Elles seront soumises aux dispositions du programme d'aménagement de la Ville relative à la zone dite de construction en ordre discontinu, sauf en ce qui concerne :

    a) La zone non aedificandi en bordure des voies et places publiques qui sera de 3 mètres au minimum ;

    b) La largeur des marges latérales, qui sera de 2,50 mètres au minimum.

    Elles pourront bénéficier en outre, le cas échéant, des dérogations réglementaires prévues au dit programme.

    Article 12 : règles applicables aux constructions

    Les habitations élevées sur des lots pour lesquels la construction de maisons jumelées est obligatoire, devront comporter 2 niveaux droits habitables avec ou sans sous-sol, avec ou sans comble habitable.

    Les habitations isolées pourront comporter un niveau droit habitable, avec ou sans comble aménagé habitable ; ou deux niveaux droits habitables, sans comble aménagé habitable. Elles seront construites avec ou sans sous-sol.

    Les toitures des bâtiments principaux devront être réalisées en tuile (petit moule) ou en ardoises. L'emploi de fibre-ciment ondulé coloré pourra éventuellement être autorisé par l'Administration Municipale, en accord avec M. L'Inspecteur départemental de l'Urbanisme.

    Article 13 : constructions provisoires

    Hormis les baraques de chantier qui devront disparaître dès la construction du bâtiment principal terminée, sont prohibées toutes les constructions provisoires telles que celles construites en matériaux peu durables : bâtiments en bois, carreaux de plâtre, agglomérés de mâchefer sans enduit ou crépi extérieur, vieux matériaux de récupération, de démolition, tôle, etc.

    Article 14 : bâtiments annexes

    Des bâtiments annexes pourront être édifiés dans les conditions admises par le programme d'aménagement de la Ville pour la zone dite "discontinue".

    Dans le cas où le bâtiment annexe devrait être édifié entre le bâtiment principal et la limite séparative, il devra être construit en harmonie avec le bâtiment principal au point de vue de l'aspect extérieur et de la couverture, à moins qu'un mur acrotère, par exemple, dissimule une couverture différente qui pourra également être une dalle ou du fibre-ciment ondulé.

    Article 15 : clôtures

    Les parcelles seront clôturées à l'alignement des voies et places, dans les conditions définies au programme d'aménagement de la Ville, dans le délai de deux ans maximum après l'achèvement des travaux de la construction principale.

    En limite séparative, dans la largeur de la zone non aedificandi, les clôtures seront identiques à celle édifiées à l'alignement de la voie.

    Au delà, les clôtures pourront être différentes ; elles seront en principe constituées par une claire-voie de 1,50 mètre de hauteur.

    Toutefois les propriétaires auront la possibilité d'élever des murs d'une hauteur au plus égale de 2 mètres, édifiés à cheval sur la limite séparative, mais ils ne pourront, sans accord entre eux, exiger de leur voisin une participation supérieure au prix d'une claire-voie de 1,50 mètre de hauteur. Dans le cas de dénivellation de terrains contigus, les hauteurs seront mesurées à partir du niveau moyen en rive des deux propriétés."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O. 692, cotation provisoire. Lotissements, rue Brise-Pain et du Petit-Chasseur. 1955-1961.

Documents figurés
  • Plan-masse du lotissement des Beaumonts, 15 mars 1955. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, Série O, 692).

  • Plan du lotissement, 15 mars 1955, Bazin arch. (Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série O. 692).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann