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Lotissement du Sacré-Coeur

Dossier IA45002971 inclus dans Quartier Dunois réalisé en 2009

Fiche

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  • Parties constituantes

    • maison
    • immeuble
    • jardin
    • cour
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Contexte historique et urbain

Le lotissement du Sacré-Coeur a été réalisé à l'emplacement d'une ancienne propriété religieuse, située en bordure de la rue du Faubourg-Bannier qui perdure jusqu'au début du 20e siècle. Les Chartreux qui s'installèrent en 1624 y avait fait construire un couvent à partir de 1635. Vendu comme Bien national à un négociant en 1791, l'établissement est acquis soixante ans plus tard par Marie Charlotte Clémentine de l’Épine, Mlle Perdrau et Mlle de Coriolis, communément appelées les dames du Sacré-Coeur. Elles y aménagent alors un pensionnat, une école primaire de filles et un asile.

La propriété du Sacré-Coeur, vers 1850.La propriété du Sacré-Coeur, vers 1850.La propriété connaît plusieurs transformations au cours de la seconde moitié du 19e siècle. En 1863, les dames du Sacré-Coeur acquièrent un jardin d'environ 1,4 ha planté d'arbres fruitiers et de vignes faisant partie des dépendances d'une maison située rue Guignard (aujourd'hui rue Antigna). En 1880, l'aménagement du quartier Dunois modifie la configuration du secteur, le prolongement de la rue de la Gare scindant en effet la propriété du Sacré-Coeur en deux parties. Seule la partie occidentale, la plus vaste et contenant les bâtiments située entre la rue de la Gare et le faubourg Bannier, est conservée tandis que les terrains situés à l'est de la rue de la Gare sont cédés à la société des Docks et entrepôts d'Orléans, une entreprise spécialisée dans le transit et le dépôt de marchandises, et aux Chemins de fer qui y installent les Magasins généraux. La perte de ces terrains est alors compensée par l'achat de plusieurs terrains attenants au nord de la propriété d'origine, qui atteint ainsi en 1881 sa forme définitive et une superficie de près de 4 ha. Revendus en 1889 à une propriétaire américaine, Mme Hutton, les bâtiments ne sont détruits qu'à partir de 1903 après le départ des dames du Sacré-Coeur.

La propriété du Sacré-Coeur, vers 1880.La propriété du Sacré-Coeur, vers 1880.

Ventes et constructions

La vente des terrains débute vraisemblablement au cours de l'année 1903 (Archives municipales et communautaires d'Orléans, états parcellaires), avant le percement de la rue Pasteur et de la rue Ladureau. Le 16 novembre 1903, les acquéreurs de la rue Antigna entament les travaux de terrassements et souhaitent que la rue soit élargie : "étant donné la vente qui va être faite par lots, de la partie de la propriété du Sacré-Coeur (le pensionnat de jeunes filles dirigé par les religieuses du Sacré-Coeur) bordant la rue Antigna dans presque toute sa longueur, l'occasion est favorable d'élargir cette rue manifestement trop étroite ". Le plan d'alignement, qui prévoit un recul de 2 m, est approuvé par le Préfet le 9 octobre 1906. Dans l'ensemble du lotissement, les ventes sont effectuées avant la Première Guerre mondiale principalement et les constructions sont rapidement réalisées.

La présence des plusieurs établissements commerciaux, industriels, médicaux et religieux, attirés par la proximité de la gare ou du faubourg, constitue l'une des caractéristiques du lotissement du Sacré-Coeur et tranche ainsi avec l'usage exclusivement résidentiel de la plupart des lotissements orléanais de la première moitié du 20e siècle. Les commerçants se sont établis principalement le long des grandes voies de communication et plus particulièrement à l'angle des rues, au n° 2 rue Antigna et n° 53 rue de la Gare. Rue Antigna, une usine pour fleurs et feuillages artificiels associée à un pavillon d'habitation est construit par l'entrepreneur E. Guillon en 1906 (n° 10, détruit) tandis que Charron installe son entreprise de bâtiment au n° 30 où il bâtit un hangar (en fond de parcelle, aujourd'hui dissimulé derrière une maison).

Ancienne imprimerie Jeanne-d'Arc, 34 rue Pasteur.Ancienne imprimerie Jeanne-d'Arc, 34 rue Pasteur.La rue Pasteur a également accueilli dès l'origine différentes activités en grande partie disparues aujourd'hui. Au n° 5, Henriau, représentant de commerce, installe un entrepôt commercial en 1906 qui deviendra les ateliers Singer puis la salle de sport municipale en 1981. L'abbé Mesuré s'était quant à lui installé sur un vaste terrain en conservant une partie des bâtiments du Sacré-Coeur auxquels se sont substitués durant les années 1950 deux immeubles H.L.M. Au n° 30, les bâtiments de la clinique Pasteur ont perduré jusqu'au début du 21e siècle (terrains aujourd'hui occupés par un immeuble de rapport, une école et un parc public). Construite en 1906 pour la société civile de l'établissement hydrothérapique de la clinique médico-chirurgicale, l'ensemble comprenait la clinique, une maison et une chapelle mortuaire. À l'angle de la rue du Faubourg-Bannier, l'imprimerie Jeanne d'Arc (actuellement salon de coiffure et de détente) est construite en 1910 par l'entrepreneur Charron (n° 34 rue Pasteur). On relève enfin la présence de l'architecte Besombes-Chenesseau qui construit sa maison en 1905 (n° 20 rue Pasteur).

Caractéristiques morphologiques et architecturales

Deux parties dans le lotissement se dégagent de l'organisation du parcellaire et la typologie du bâti. Dans la partie nord-est du lotissement, la distribution des lots est très régulière : les fonds de parcelle forment une ligne continue à équidistance des rues Pasteur et Ladureau ainsi qu'aux angles des rues. Depuis la rue de la gare, le tracé biais des voies de desserte a favorisé un découpage en arrête de poisson (angle de la rue Ladureau) ou en lames de parquet délimitant des lots trapézoïdaux ou rectangulaires. Dans cette zone, le long des rues Ladureau, Pasteur et de la Gare, la régularité parcellaire se double d'une continuité architecturale qui s'opère par la succession d'habitations d'un volume semblable et l'alignement des baies, des corniches et des toitures.

Maisons, 61 à 65 rue de la Gare.Maisons, 61 à 65 rue de la Gare.Se concentrent ici les maisons étroites d'un étage carré qui représentent le quart du bâti du lotissement. Elles partagent l'espace avec de petits immeubles d'un étage de deux ou trois travées et des maisons aux façades symétriques composées autour d'une entrée médiane. Le découpage des parcelles apparaît en revanche plus irrégulier dans les autres parties du lotissement et le bâti y est plus hétérogène, dans son implantation (alignement ou retrait, mitoyenneté partielle) comme dans son élévation (de un à quatre étages carrés).

Si l'état du parcellaire permet de supposer l'existence d'un plan de référence utilisé pour la vente des lots, il semble au contraire, par les activités signalées plus haut, qu'aucun cahier des charges n'ait contraint les acquéreurs quant à l'implantation des édifices ou les modes de construction. Il est ainsi fort probable que ces derniers ne devaient être soumis qu'aux seuls règlements municipaux en vigueur (règlement de la voirie et de la construction de 1890).

Immeuble H.L.M., 1 rue Pasteur.Immeuble H.L.M., 1 rue Pasteur.À l'image de la plupart des lotissements situés extra-muros, la hauteur des édifices demeure en deçà des possibilités offertes par le règlement de voirie existant. Les 12 m de largeur de la rue Pasteur permettait en effet une élévation à trois étages lorsque l'on n'y trouve le plus souvent qu'un seul étage carré. L'immeuble situé au n° 78 rue du Faubourg-Bannier se démarque ainsi par ses trois étages au dessus du rez-de-chaussée. De même, dans les années 1950, les H.L.M. construites rue Pasteur atteignent quatre étages, rendus possible par un important retrait d'alignement.

Les constructions du début du 20e siècle sont dans la plupart des cas enduites et peuvent présenter au bas des façades plusieurs assises régulières de pierre en petit appareil ou en pierre de taille. La brique rouge ou silico-calcaire, en décor et second-oeuvre, participe à l'homogénéité d'ensemble. Les maîtres d'oeuvre l'ont régulièrement employée afin de souligner les bandeaux séparant les niveaux de façade, les piédroits et les chaînes d'angle, les couronnements de baies (linteaux et arcs) et les corniches. L'emploi de la brique polychrome permet également de multiples variations décoratives parmi lesquelles on relève le motif courant des dents d'engrenage et le décor en damier. L'ancienne imprimerie Jeanne-d'Arc (n° 34 rue Ladureau, Charron entrepreneur, 1909) se démarque ici par l'emploi peu courant à Orléans de la brique grise ou vernie de couleur bleu turquoise.

Maison, 13 rue Pasteur.Maison, 13 rue Pasteur.

La brique est également utilisée en parement de façade monochrome (rouge) ou polychrome dessinant des assises alternées (n° 28 rue Pasteur et 28 rue Ladureau) ou une succession de losanges dans la tradition néo-gothique (n° 7 rue Pasteur). Après la Seconde Guerre mondiale, une plus grande simplicité formelle règne dans les édifices reconstruits qui intègrent un garage en rez-de-chaussée. Dans les années 1950, certains édifices emploient de nouveau la brique en parement où elle contraste désormais avec les encadrements de baies en ciment blanc (maison n° 13 rue Pasteur, image ci-contre, H.L.M. au n° 1).

Appellationsdu Sacré-Coeur
Parties constituantes non étudiéesmaison, immeuble, jardin, cour, parc
Dénominationslotissement
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Lieu-dit : quartier Dunois
Adresse : rue, Pasteur , pairs de 76 bis à 80 bis rue du, Faubourg-Bannier , impairs de 53 à 81 rue de la, Gare , pairs de 2 à 30 rue, Antigna , rue
Ladureau
Cadastre : 2008 AV 63 à 68, 70 à 82, 99 à 106, 108, 110 à 148, 151 à 160, 162, 165 à 170, 521, 522, 529, 531, 534 à 538, 601, 645, 647, 648, 655, 656

Le lotissement a été entrepris à partir de 1903 par Annie-Salomé Hutton à l'emplacement de l'ancien couvent du Sacré-Coeur. Deux rues sont ouvertes par la propriétaire afin de desservir les terrains à vendre. La première, la rue Pasteur (12 m de largeur) relie le faubourg Bannier à la rue de la Gare et fait l'objet d'une autorisation municipale 11 avril 1904 puis préfectorale le 22 août 1904. La seconde, la rue Ladureau (10 m de largeur), parallèle à la rue Pasteur, est ouverte simultanément. Les terrains sont vendus entre 1903 et 1914 puis entre les deux guerres (1000 m²). Outre les habitations, le lotissement accueille alors des établissements commerciaux, industriels, médicaux et religieux. En 1944, les bombardements endommagent la partie est du lotissement proche des voies de chemin de fer. Plusieurs habitations seront ainsi reconstruites rue de la Gare (n° 75, 77, 81) et rue Antigna (n° 2). Dans les années 1950, deux immeubles H.LM. sont bâtis sur l'ancien terrain de l'abbé Morizé (n° 1 rue Pasteur), dont la construction est associée à l'aménagement d'une allée plantée. Au début du 21e siècle, un parc public est aménagé à l'emplacement de l'ancienne clinique Pasteur, entre la rue Ladureau et la rue Pasteur.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Dates1904, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Hutton promoteur attribution par source

Le lotissement du Sacré-Coeur, situé dans le sud-est du quartier Dunois, occupe un terrain de forme trapézoïdale délimité à l'ouest par la rue du Faubourg-Bannier, à l'ouest par la rue de la Gare et au sud par la rue Ladureau. Il est desservi par deux voies de 12 m et 10 m de large tracées perpendiculairement à la rue du Faubourg-Bannier. Il comprend deux espaces verts aménagés postérieurement au lotissement : un jardin public entre les rues Ladureau et Pasteur, et une allée gazonnée et plantée d'arbres formant alignement rue Pasteur (en bordure des immeubles H.L.M.). Le lotissement se compose de 103 lots dont la forme témoigne de plusieurs modes de découpage et d'une grande diversité dans la destination et l'échelle du bâti. La partie nord-est du lotissement apparaît très homogène avec des lots qui composent une trame régulière de 5 à 7 mètres de façade sur rue (on observe également cette trame à l'ouest de la rue Pasteur, n° 9 à 17) pour une superficie variant entre 115 et 230 m² environ. C'est dans cette partie que se concentrent les maisons et les petits immeubles d'un étage carré sur deux ou trois travées qui forment un front bâti continu (immeubles n° 4, 10, 12, 14, 18, 24 rue Pasteur ; n° 6, 19, 21, 29 rue Ladureau ; n° 61, 63, 69, 75 rue de la Gare). Dans les autres parties du lotissement, en revanche, les lots sont moins réguliers et accueillent des habitations et des anciens établissements industriels et commerciaux. Dans l'ensemble du lotissement, les édifices sont construits en moellon, en brique, en meulière, en béton armé et sont couverts en ardoise ou en tuile mécanique de toits à deux pans ou à longs pans brisés, de croupes, ou en terrasse (H.L.M.). Si les façades sont principalement enduites, plusieurs habitations se distinguent pas leur parement plus décoratif en brique rouge (n° 28 rue Antigna, n° 1, 7, 13, 16, 20 rue Pasteur, n° 9, 24 bis rue Ladureau), en brique grise (n° 34 rue Pasteur), en assises alternées de brique rouge et silico-calcaire (n° 11, 15, 28 rue Pasteur, n° 28 rue Ladureau), en pierre de taille (n° 80 et 80 bis rue du Faubourg-Bannier) ou en meulière (n° 26 rue Ladureau).

Mursbrique
brique silico-calcaire
pierre
meulière
enduit
moellon
pierre de taille
béton armé
Toitardoise, tuile mécanique
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, 2 étages carrés, 3 étages carrés, étage de comble
Couverturesterrasse
toit à longs pans brisés
toit à deux pans
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série D. Délibérations du conseil municipal. 1904, 1906.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série 1 G, GF 70. Cadastre et Impôts directs. État parcellaire, section F. 1823-1969.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8063 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Antigna. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8069 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue de la Gare. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8080 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue du Faubourg-Bannier (n° pairs). 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8071 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Ladureau. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8074 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Pasteur. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série O, dossier 8, cotation provisoire. Rue Antigna.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série O, dossier 73, cotation provisoire. Rue Ladureau.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série O : dossier 89 (cotation provisoire). Rue Pasteur.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 119. Casier sanitaire des immeubles. Rue Antigna. 1904-1971.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 188. Casier sanitaire des immeubles, rue du Faubourg-Bannier. 1906-1974.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 208. Casier sanitaire des immeubles, rue de la Gare, n° 4 à 73. 1908-1967.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 209. Casier sanitaire des immeubles, rue de la Gare, n° 75 à 105 bis. 1908-1968.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 228. Casier sanitaire des immeubles, rue Ladureau, n° 3 à 29. 1906-1975.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 229. Casier sanitaire des immeubles, rue Ladureau, sans numéro. 1906-1912.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 261. Casier sanitaire des immeubles, rue Pasteur, n° 2 à 30. 1905-1947.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 262. Casier sanitaire des immeubles, rue Pasteur, sans numéro. 1905-1907, 1953.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 262. Casier sanitaire des immeubles, rue Pasteur, sans numéro. 1905-1907, 1953.

Documents figurés
  • Le lotissement du Sacré-Coeur. Extrait du cadastre napoléonien, 1823, section F 7. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 1 Fi 56).

  • Extrait du plan de la ville d'Orléans, 1934. (Archives municipales et communautaires d'Orléans).

  • Plan de l'immeuble du Sacré-Coeur, 7 avril 1904. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, Série O, Voirie avant 1960, dos 89, rue Pasteur).

  • Extrait du cadastre napoléonien, section F 7. (Archives municipales et communautaires d'Orléans).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann