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Lotissement du Bureau de Bienfaisance

Dossier IA45002970 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

  • Cité ouvrière Clapin
    Orléans, impasse du Pré-Renault
  • Lotissement Dauvesse
    Orléans, 1 à 55 bis, impairs de 57 à 91 rue de Vaucouleurs , 15-17 rue Vandebergue-de-Villiers , pairs de 62 bis à 100 ter avenue Dauphine , pairs de 12 à 58 rue de la Cigogne , 17-19 rue Fosse-de-Meule

Œuvres contenues

Appellationsdu Bureau de Bienfaisance
Parties constituantes non étudiéesimmeuble, jardin, cour
Dénominationslotissement
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : pairs de 48 à 62 avenue, Dauphine , 2 à 26 rue, Vandebergue-de-Villiers , 1 à 10 rue de la, Bienfaisance , 22 rue, Neuve-Tudelle , rue
Alfred-Lanson
Cadastre : 2008 DE 154 à 157, 159 à 168, 179, 185, 188 à 193, 219, 388 à 390, 416 à 420, 425, 426, 680 à 682, 685, 686

Le lotissement, réalisé par le Bureau de Bienfaisance d'Orléans à partir de 1901, a pour origine un projet municipal envisagé dès 1893. Suite au percement de la rue de Vaucouleurs, la municipalité d'Orléans projeta l'ouverture d'une nouvelle voie reliant la rue de Vaucouleurs à la rue Neuve-Tudelle. Renvoyé pour étude à la commission des travaux municipaux le 29 octobre 1900, cette question est de nouveau abordée lors du conseil municipal le 1er juillet 1901. Le rapport établi par la commission (datant du 14 novembre 1900) soumis au vote du conseil municipal prévoie alors la construction d'égouts afin d'assainir le quartier Saint-Marceau, le remblaiement des terrains du Pré-Renault appartenant au Bureau de Bienfaisance et le percement de trois nouvelles rues (plan de novembre 1900) : la rue principale (rue A) déjà envisagée et deux rues perpendiculaires (B et C) destinées à favoriser le lotissement. Le conseil municipal décide ainsi à cette date l'ouverture de la rue A, l'achat des terrains nécessaires et le budget afin de réaliser les travaux, l'exécution des rues B et C étant différée. Le maire est en outre autorisé à acquérir le sol des rues à ouvrir et à demander le décret d'utilité publique. Le 26 juillet suivant, afin d'accélérer les travaux, la commission administrative du Bureau de Bienfaisance décide d'abandonner gratuitement les terrains nécessaires à l'ouverture de trois rues (soit 333 mètres sur 8 mètres au total) et demande l'autorisation au conseil municipal d'aliéner ses terrains (conformément à l'article 70 de la loi du 5 avril 1884), qui sera accordée le 1er août suivant. Le plan du lotissement, dressé en 1901, prévoit un découpage en 45 lots de 160 m² (lot n° 29) à 2223 m² (lot n° 42), mais dont la superficie est principalement comprise entre 200 et 400 m². Le lotissement rencontre dès sa création un succès important. Une partie de l'avenue Dauphine étant déjà bâtie dans le cadre du lotissement Dauvesse (n° 62 bis à 80), les propriétaires acquièrent des terrains afin de prolonger leur jardin jusqu'à la rue Vandebergue-de-Villiers. La construction du lotissement s'effectue principalement avant la Première Guerre mondiale. Plusieurs maisons sont construites par des architectes orléanais reconnus, en particulier Farcinade (n° 54 avenue Dauphine, Pagot entrepreneur, 1903), Vaillant (maison dite la Treille, n° 12 rue Vandebergue-de-Villiers, achevée en 1906) et Coursimault (maison pour Louis Arouy, achevée en 1905 et maison n° 18 rue Vandebergue-de-Villiers, achevée en 1904). Les entrepreneurs locaux construisent également plusieurs habitations : Sallé-Guyot édifie l'immeuble n° 24 rue Vandebergue-de-Villiers en 1905 tandis qu'Albert Cartier édifie le n° 22 rue Vandebergue-de-Villers en 1912. Si le lotissement se bâtit essentiellement d'habitations, un atelier de couture et un magasin est toutefois aménagé au fond de l'impasse de la Bienfaisance en 1905 (n° 6, détruit). Parmi les acquéreurs figure enfin l'industriel Clapin qui achète le lot le plus excentré (n° 42) pour y faire construire une petite cité ouvrière à partir de 1907 (impasse du Pré-Renault, Coursimault architecte). La construction se poursuit ensuite durant l'entre-deux-guerres (n° 3 impasse de la Bienfaisance, n° 15 et 16 rue Vandebergue-de-Villiers) et durant le dernier quart du 20e siècle pendant lequel l'impasse de la Bienfaisance est marquée par un renouvellement important du bâti (n° 5, 7, 4 à 8). Au début du 21e siècle, l'impasse de la Bienfaisance est transformée en rue afin de relier le nouveau quartier créé à l'ouest du lotissement.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Dates1901, daté par source
Auteur(s)Auteur : Coursimault Constant architecte
Auteur : Pagot entrepreneur
Auteur : Vaillant architecte
Auteur : Farcinade Ferdinand architecte attribution par source

Le lotissement du Bureau de Bienfaisance se situe en bordure de l'avenue Dauphine, entre la rue de Vaucouleurs et la rue Neuve-Tudelle. Il se compose de 39 lots desservis par trois rues de 8 m de large tracées perpendiculairement et parallèlement à l'avenue Dauphine. Celle-ci présente un front continu d'habitations mitoyennes et alignées se succédant à un rythme régulier, dont la trame de 10 à 11 m de façade reprend celle des constructions déjà existantes de l'avenue (lotissement Dauvesse). Implantées sur des parcelles traversantes (certaines ont depuis l'origine était subdivisées), les constructions, élevées sur un niveau de soubassement, possèdent un étage carré et un étage de comble mansardé ou deux étages carrés couverts de toits à deux pans en ardoise. Au dessus du soubassement affirmé côté rue par une mise en oeuvre de pierre appareillée ou en opus incertum, les façades sont enduites, crépies ou composées de briques silico-calcaire rayée de bandeaux de brique rouge (n° 50, 54, 60, 62). Si la continuité spatiale s'opère par l'alignement des baies et des corniches, l'individualisation pousse à la recherche de la verticalité. Celle-ci s'affirme dans le rythme des élévations à travées qu'accentuent certaines structures communes réunissant deux niveaux et composées en pierre de taille ou en brique silico-calcaire (n° 48, 46, 56). L'homogénéité de l'ensemble s'appuie enfin sur la récurrence des balcons aux étages, des baies jumelées, et de la riche modénature en pierre de taille. Rue Alfred-Lanson, le bâti est également aligné et construit en mitoyenneté. Les habitations, construites en meulière, brique rouge ou jaune ou en moellon, possèdent un étage carré et sont couvertes de toits à deux pans et croupe (angle, n° 5) en ardoise. Reliant l'Avenue Dauphine à la rue Vandebergue-de-Villers, la rue Alfred-Lanson ménage une perspective sur la maison de meulière dite Villa la Treille implantée en cœur de parcelle (n° 12 rue Vandebergue-de-Villiers). Dans le reste du lotissement, le bâti ne présente pas d'homogénéité particulière mais on remarque cependant quelques constructions groupées. Rue Vandebergue-de-Villiers, trois habitations mitoyennes (n° 18 à 22) forment un alignement derrière une cour clôturée constituée d'un muret et d'une grille métallique tandis que deux habitations combinées partagent une élévation et un traitement comparables des encadrements, des bandeaux et de la corniche en brique polychrome (n° 18 à 22 rue Vandebergue-de-Villiers). On notera enfin la présence d'un immeuble construit dans les années 1930 dont la façade se signale à ses deux étages carrés et une mise en oeuvre combinant la pierre, la brique, le ciment et un crépi orangé (n° 15 rue Vandebergue-de-Villiers).

Mursbrique
brique silico-calcaire
meulière
enduit
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Étagessous-sol, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à longs pans brisés
toit à deux pans
croupe

Oeuvre étudiée

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Rapport de la Commission des travaux sur le projet d'ouverture de rues et l'établissement d'une galerie d'égout dans le quartier Saint-Marceau, le 14 novembre 1900, extrait de la délibération du conseil municipal d'Orléans du 1er juillet 1901 (Archives municipales d'Orléans)

    Si les façades de l'Avenue Dauphine se caractérisent encore, au début du 20e siècle, par un style néo-classique ou éclectique, on voit apparaître quelques moulurations d'arcs (n° 48, 60, 62) et des ferronneries aux garde-corps qui témoignent de la diffusion de l'Art nouveau. Ce style se manifeste toutefois principalement rue Alfred-Lanson (n° 4), où la maison signée de l'architecte Constant Coursimault et bâtie en 1905, affiche des ornementations d'inspiration marine ou végétale tout à fait remarquable.

    Rapport de la Commission des travaux sur le projet d'ouverture de rues et l'établissement d'une galerie d'égout dans le quartier Saint-Marceau, le 14 novembre 1900, extrait de la délibération du conseil municipal d'Orléans du 1er juillet 1901 (Archives municipales d'Orléans) :

    "Les rues à ouvrir dans le terrain appartenant au Bureau de Bienfaisance ont pour but de lui donner une plus-value comme terrain à bâtir et conséquemment un revenu plus important. L'axe de la principale rue, que nous appellerons A, part à 63 mètres de l'angle de la rue Dauphine sur la rue de Vaucouleurs, traverse sur une longueur de 29 mètres la propriété de M. Dauvesse, puis entre sur le terrain du Bureau de Bienfaisance et continue jusqu'au point terminus sur une longueur de 70 mètres en longeant la propriété de M. Boulage. Afin de mieux répartir le lotissement à faire, deux petites rues B et C ont été prévues, perpendiculairement à la première (...)

    Si l'on examine le plan général, on voit que ce quartier est sillonné par plusieurs fossés jurés, qui recueillent plus ou moins bien les eaux qui se déversent dans ce bas fond. Le projet des rues à établir dans le terrain du Bureau de Bienfaisance nécessite donc, au préalable, l'assainissement de ce quartier, autrement des inondations seraient inévitables et conséquemment des indemnités à payer qui se renouvelleraient à chaque saison des pluies ou simplement à la suite d'un orage.

    Le projet d'assainissement comprend donc :

    1) La construction d'un égout de 1,40 mètre de hauteur dans la rue Saint-Marceau, ayant son origine au droit de la rue Duhamel-du-Monceau et allant rejoindre l'aqueduc qui déverse dans la Loire, quai des Augustins.

    2) Construction d'un branchement d'égout de 1,10 mètre de hauteur, partant du point bas de la rue Neuve-Tudelle et allant rejoindre l'égout principal en passant par la rue Duhamel-du-Monceau.

    Le projet prévoit la prolongation de l'égout principal jusqu'à la traversée du fossé d'Idalie dans la rue Saint-Marceau ; mais le devis n'est établi que pour être exécuté jusqu'à la bouche d'égout située au-dessus de la rue Duhamel-du-Monceau. Ce devis s'élève à 38.000 francs. Si les travaux étaient exécutés jusqu'au fossé d'Idalie, le devis général s'élèverait environ à 50.000 francs."

  • Rapport de M. Rivière, extrait de la délibération du conseil municipal d'Orléans du 1er juillet 1901 (Archives municipales d'Orléans)

    Rapport de M. Rivière, extrait de la délibération du conseil municipal d'Orléans du 1er juillet 1901 (Archives municipales d'Orléans) :

    "Vous voyez, d'après ce rapport, qu'il s'agit d'un travail important qui a pour but l'assainissement du quartier Saint-Marceau, dont les conditions d'hygiène laissent beaucoup à désirer. Plusieurs fossés se trouvent dans ce quartier : l'un d'eux passe dans le terrain de notre école de la rue Saint-Marceau, traverse la rue Dauphine et le Pré-Renault.

    L'égout projeté, partant de rue Neuve-Tudelle, suit la rue Duhamel-du-Ponceau et la rue Saint-Marceau jusqu'à la Loire ; il permettra de supprimer en partie ces fossés nuisibles à la santé publique. Il sera alors possible de remblayer les terrains du Pré-Renault, qui appartiennent au bureau de Bienfaisance d'Orléans et d'ouvrir plusieurs rues conformément aux plans ci-annexés.

    La première des rues à ouvrir mettra en communication directe la rue Neuve-Tudelle et la rue de Vaucouleurs. Les autres - reliant la rue Dauphine à la rue Fosse-de-Meule par une amorce qui sera placée sur le terrain du Pré-Renault - seront ouvertes successivement.

    Le remblai sera fait avec les décharges publiques ; il pourra commencer au mois de novembre, époque à laquelle les terrains du Pré-Renault seront libres de location.

    L'ouverture de ces nouvelles rues tout en améliorant l'hygiène du quartier Saint-Marceau, donnera une valeur sérieuse à la propriété du Bureau de Bienfaisance, dont les terrains ont acquis une plus-value importante depuis quelques années. Par suite, les ressources du Bureau de Bienfaisance seront sensiblement augmentées."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série D. Délibérations du conseil municipal d'Orléans. 1900, 1901.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, dossier 14, cotation provisoire. Impasse de la Bienfaisance.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, dossier 130, cotation provisoire. Rue Vandebergue-de-Villiers.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8084 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Alfred-Lanson. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8086 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, avenue Dauphine, n° pairs. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8093 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Vandebergue-de-Villiers. 1862-1984.

Documents figurés
  • Projet d'échange de terrains entre M. Dauvesse et le Bureau de Bienfaisance, 1901. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 130).

  • Plan du lotissement, n. d. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 14).

  • Projet d'ouverture de rues dans le quartier Saint-Marceau et constructions d'aqueducs pour l'assainissement d'une partie du quartier Saint-Marceau/ dressé par le directeur des Travaux municipaux, novembre 1900. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 130).

Liens web

(c) Université de Tours ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Launay Yann