Logo ={0} - Retour à l'accueil

Lotissement Dauvesse

Dossier IA45002968 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Le lotissement a été créé vers 1893-1894 à l'emplacement d'anciennes pépinières. Dauvesse, qui cesse probablement son activité à cette période, s'était installé dans le quartier vers 1844, date à laquelle il avait acheté un premier terrain situé en bordure de la rue Fosse-de-Meule (Archives municipales et communautaires d'Orléans, états parcellaires). Sa propriété s'étendit ensuite peu à peu jusqu'en 1877 environ, par achats successifs des parcelles attenantes, jusqu'à atteindre les abords de l'avenue Dauphine. Durant la dernière décennie du 19e siècle, l'achèvement de la nouvelle église Saint-Marceau en 1891 (excepté le clocher terminé en 1898) et les perspectives de développement du quartier encouragent vraisemblablement le propriétaire à valoriser ses terrains.

La création du lotissement

Plan de la propriété Dauvesse et voie à ouvrir.Plan de la propriété Dauvesse et voie à ouvrir.Afin de procéder au lotissement de sa propriété, Dauvesse envisage en 1893 l'ouverture d'une rue de 8 m de largeur sur 350 m de longueur partant de l'avenue Dauphine et se dirigeant vers le cimetière Saint-Marceau (annexe 1, doc. 3, 4 et plan ci-contre). Dans un courrier adressé au maire d'Orléans daté du 5 août 1893 (voir annexe 1), il se propose également de céder gratuitement un terrain devant l'église Saint-Marceau, destiné à l'aménagement d'une place, proposition qui coïncide avec une pétition des habitants du quartier datée de juin 1893 demandant l'acquisition de ce terrain par la Ville.

Perspective sur l'église Saint-Marceau, depuis la rue de Vaucouleurs.Perspective sur l'église Saint-Marceau, depuis la rue de Vaucouleurs.Pour la municipalité, le percement d'une nouvelle rue constitue une véritable opportunité de mener une réflexion sur l'aménagement du quartier Saint-Marceau. Il s'agit ainsi d'améliorer le réseau de circulation pour répondre aux besoins de la population, en constante progression depuis les années 1870, et d'assainir un secteur régulièrement touché par les inondations par l'aménagement d'égouts. La perspective de relier l'église au cimetière Saint-Marceau constitue ainsi un argument de poids en faveur des conditions proposées par le propriétaire, qui demande la prise en charge totale des frais de viabilisation de la nouvelle rue (qui sont habituellement, d'après le règlement municipal sur la voirie et les constructions, à la charge du propriétaire). Le 27 novembre 1893, la municipalité accepte de prendre en charge les travaux de voirie et la largeur de la nouvelle rue est portée à 10 m Parallèlement, la municipalité envisage le percement de la future rue Vandebergue-de-Villiers sur les terrains du Bureau de Bienfaisance qui sera adopté le 1er juillet 1901 et réalisé en 1902 (voir lotissement du Bureau de Bienfaisance).

Maison, 27 rue de Vaucouleurs.Maison, 27 rue de Vaucouleurs.En 1903, Mme Dauvesse (veuve) propose l'ouverture de deux nouvelles rues, dans les mêmes conditions que la première, cédant gratuitement l'assiette nécessaire à la rue et laissant les travaux de viabilité à la charge de la commune. L'une doit relier les rues de la Cigogne et de Vaucouleurs (de 104 m sur 8 m de large) et l'autre doit relier cette rue à l'avenue Dauphine (180 m sur 10 m). Le projet ne sera toutefois jamais réalisé en raison du refus de la Ville de participer aux travaux de voirie. Dès lors, si l'on s'en tient aux mesures indiquées par le propriétaire (le plan n'a pas été retrouvé), la vente d'un terrain de 3733 m² à Vacher en 1917-1918 laisse supposer que l'emprise d'une des nouvelles rues devait se situer à cet emplacement. Vacher ouvrira lui-même une nouvelle rue dans les années 1920 (l'impasse Dauphine) et procèdera au lotissement de son terrain (voir lotissement Vacher).

Caractéristiques morphologiques et architecturales

En raison de son étendue (environ 6 ha) et du statut de la voirie, le lotissement Dauvesse possède des caractéristiques morphologiques et architecturales hétérogènes. À l'image du lotissement du bureau de Bienfaisance, les édifices de l'avenue Dauphine (n° 62 bis à 88) se signalent par un volume important (d'un étage carré et comble mansardé à deux étages carrés) et une grande richesse formelle. Résultat d'une concertation entre les propriétaires, ces édifices présentent une continuité spatiale matérialisée par l'alignement horizontal des baies, des bandeaux, des corniches et des faîtes. L'homogénéité architecturale qui en découle est accentuée par le phénomène de groupement des édifices, particulièrement présent le long de l'avenue et à l'entrée de la rue de Vaucouleurs, qui témoignent des investissements immobiliers effectués par certains propriétaires. Maisons accouplées, 74-76 avenue Dauphine.Maisons accouplées, 74-76 avenue Dauphine.C'est le cas d'Eugène Picard, marchand de graines fourragères, qui fait bâtir quatre maisons dont un groupe de trois maisons accolées (n° 62 bis à 64 bis, n° 72) et Edmond Guillon, entrepreneur de bâtiments, qui construit pour son propre compte six édifices (n° 74-76, image ci-contre, et n° 82 associé aux n° 2, 4 rue de Vaucouleurs, et 6 rue de Vaucouleurs). À l'instar de la rue de Chanzy, construite une dizaine d'années plus tôt, les édifices de l'avenue dauphine affichent en façade la position sociale privilégiée de leurs propriétaires ou de leurs locataires. Ainsi les bossages continus (en rez-de-chaussée ou sur toute la façade pour les n° 74-76), l'appareillage de briques polychromes (bandeaux ou motifs géométriques) et les balcons du premier étage supportés par d'épaisses consoles participent-ils à l'animation des façades. L'adoption de l'éclectisme architectural en vogue à la fin du 19e siècle, telles que les deux maisons n° 74-76 puisant leurs références dans le style Louis XV ou la maison n° 70 construite dans un style néo-gothique (parement de brique losangé, motifs trilobés aux allèges, arcs en accolade, pinacle, culots) accentuent la prédominance de ces édifices sur le reste du bâti du lotissement.

Paire de maisons, 43-45 rue de Vaucouleurs.Paire de maisons, 43-45 rue de Vaucouleurs.Rue de Vaucouleurs ou rue de la Cigogne, la variété des édifices empêche de supposer l'existence d'un quelconque cahier des charges. Tout juste peut-on observer quelques groupements d'édifices jumelés (n° 22-24, n° 79-81 rue de Vaucouleurs, n° 34-36 rue de la Cigogne), accolés (n° 43-45 rue de Vaucouleurs) ou isolés (n° 49 et 53, n° 73 et 77 rue de Vaucouleurs) et certains alignements d'édifices (fig. 23).

Les possibilités offertes par les parcelles en lanières avaient dû attirer une population modeste désirant profiter de vastes jardins. On remarque ainsi quelques maisons ouvrières en rez-de-chaussée construites en moellon enduit, dont les façades sont soulignées par l'emploi en second-oeuvre (piédroits, linteaux segmentaires, chaîne d'angle, corniche) de la brique rouge (n° 36, 38, 46 rue de Vaucouleurs) ou de la brique silico-calcaire (n° 73 et 77 rue de Vaucouleurs). Dans les années 1910, quelques maisons de la rue de la Cigogne précédées d'un jardinet clôturé par un mur surmonté d'une grille métallique (n° 26, 28, 34, 48, 58) sont construites sous le régime des habitations à bon marché (lois Ribot en 1908 encourageant l'accession à la propriété).

Immeuble, 6 rue de Vaucouleurs.Immeuble, 6 rue de Vaucouleurs.

Par ailleurs, les maisons étroites à un étage carré et les petits immeubles d'un étage carré et trois travées ont connu un développement important dans le lotissement, en particulier rue de Vaucouleurs. Ces constructions de moellon apparent et enduit emploient également le plus souvent la brique rouge ou silico-calcaire en second-oeuvre et en décor, selon des dispositifs courants à Orléans (linteaux et arcs segmentaires, corniches denticulées, dents d'engrenage, chaînage d'angle et des piédroits, etc.).

Maison, 28 rue Vandebergue-de-Villiers.Maison, 28 rue Vandebergue-de-Villiers.

Certaines maisons, plus soignées, se distinguent par leur implantation (retrait, isolement dans la parcelle) et des plans plus complexes. On remarquera ainsi la tour carrée couronnée d'un toit en pavillon sur aisseliers de la villa au n° 31 rue de Vaucouleurs (1907) ou la maison n° 28 rue Vandebergue-de-Villiers (Coursimault architecte, 1905, ci-contre) flanquée d'une demi-tour arrondie et singularisée par son ornementation Louis XVI. D'autres édifices s'affirment par les matériaux de façade à l'image de la maison n° 32 rue de Vaucouleurs, bâtie sur les plans de l'architecte Moulin en 1905, qui présente une mise en oeuvre en brique jaune rayée de briques rouges soulignée par une frise damière. Cette maison s'apparente à la maison n° 37 (ci-dessous), remarquable à ses colonnes d'inspiration delormienne qui flanquent les angles du rez-de-chaussée et à l'expressivité générée par l'emploi de la brique polychrome, des linteaux métalliques et de la pierre meulière.

Maison, 37 rue de Vaucouleurs.Maison, 37 rue de Vaucouleurs.Le paysage du lotissement et du quartier est d'ailleurs fortement marqué par l'emploi de la pierre meulière, courant en région parisienne mais relativement peu répandu à Orléans. Sa diffusion au début du 20e siècle trouve ici de multiples déclinaisons. Elle est ainsi employée dans certains édifices sous forme concassée ou de moellons en remplissage sous les arcs de décharge, en panneaux décoratifs (n° 10, 37 rue de Vaucouleurs, image ci-contre ; 47, 67 rue de Vaucouleurs, 22 rue de la Cigogne) ou en bandeau (n° 16 rue de Vaucouleurs). D'autres édifices en revanche, à l'image de la villa dite la Treille située dans le lotissement voisin du Bureau de Bienfaisance (n° 12 rue Vandebergue-de-Villiers), l'utilisent en plein-de-façade : la maison n° 16 (1916) offre de ce point de vue une remarquable mise en oeuvre de moellons de meulière à joints creux.

Ancien établissement religieux, 44 rue de Vaucouleurs.Ancien établissement religieux, 44 rue de Vaucouleurs.Enfin, si les habitations constituent l'essentiel du bâti, plusieurs édifices témoignent des différentes activités présentes à l'origine dans le secteur : l'entrepôt d'Alfred Picard rue Fosse-de-Meule (derrière sa maison au n° 48 rue de Vaucouleurs), l'atelier d'un fabricant de métiers à tricots et bonneterie identifiable à ses sheds (n° 29 rue de Vaucouleurs), un pépiniériste rue de la Cigogne (n° 26). La présence d'un établissement catholique au n° 44 (image ci-contre), sur un terrain acquis par l'abbé Caillette, est par ailleurs tout à fait exceptionnelle : l'immeuble précédé d'un pavillon s'étend sur plus de 40 m et accueillait à l'origine de multiples fonctions liées au divertissement (salle de billard, salle de spectacle, salle de conférence, galerie du théâtre).

AppellationsDauvesse
Parties constituantes non étudiéesmaison, immeuble, jardin, cour
Dénominationslotissement
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : 1 à 55 bis, impairs de 57 à 91 rue de, Vaucouleurs , 15-17 rue, Vandebergue-de-Villiers , pairs de 62 bis à 100 ter avenue, Dauphine , pairs de 12 à 58 rue de la, Cigogne , 17-19 rue
Fosse-de-Meule
Cadastre : 2008 DN 30 à 46, 48 à 55, 57 à 59, 61, 62, 64, 65, 67 à 75, 89, 101 à 105, 108 à 125, 188, 194, 195, 211, 212, 818 à 820, 851, 852, 938, 939 ; 2008 DE 169, 171 à 199, 204 à 210, 253, 256, 257, 259, 261, 301 à 303, 394, 541, 564, 652 à 654, 683, 684

Le lotissement a été réalisé par Dauvesse, pépiniériste, qui s'était constitué une propriété d'environ 6,5 ha entre 1844 et 1877. Afin de lotir son terrain, il envisage en août 1893 d'ouvrir une nouvelle rue reliant l'avenue Dauphine à la rue Fosse-de-Meule, associée à la cession gratuite d'un terrain situé devant la nouvelle église Saint-Marceau. La demande effectuée auprès de la municipalité est approuvée le 27 novembre 1893 et la création de la rue est suivie de son classement le 8 octobre 1897. Après le début des ventes en 1894, le lotissement se bâti très rapidement, principalement avant 1914. En 1903, Mme Dauvesse (veuve) souhaite créer deux nouvelles rues sur son terrain mais le projet n'aboutit pas. La vente des parcelles se poursuit jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale, lorsque les derniers terrains sont vendus à Vacher, qui procède dans les années 1920 à un nouveau lotissement et au percement de l'impasse Dauphine. Le prolongement de la rue de Vaucouleurs jusqu'au cimetière Saint-Marceau est envisagé à la même période mais n'est pas réalisé. Au début du 21e siècle, l'aménagement d'un nouveau quartier d'habitation au nord du lotissement entraîne l'ouverture de la rue de la Motte-Saint-Antoine débouchant au centre de la rue de Vaucouleurs.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1893, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Dauvesse promoteur attribution par source

Le lotissement Dauvesse est situé dans le quartier Saint-Marceau, en bordure de l'avenue Dauphine et de la rue de la Cigogne, et comprend actuellement 104 lots. La rue de Vaucouleurs forme l'artère principale du lotissement dont le tracé oblique résulte de deux éléments complémentaires : le réseau viaire existant et la position de deux équipements structurant le quartier. Ce tracé a favorisé la création d'un vaste îlot proche du rectangle, entre les rues de la Cigogne et de Vaucouleurs, et facilité le découpage des terrains. À cette profondeur d'îlot correspond le découpage de nombreuses parcelles en lanières (en particulier au sud de la rue, de 45 m à 65 m de profondeur environ). La longueur en façade sur rue et la superficie des parcelles se sont toutefois adaptées à la demande des acquéreurs. Les largeurs de parcelles sont ainsi extrêmement variées et s'échelonnent de 5,50 m pour une maison mitoyenne bâtie à l'aplomb de la rue à 25 m pour une maison bâtie en coeur de parcelle. La même disparité s'observe dans les superficies qui varient d'une centaine de m² à plus de 3000 m². Le lotissement se compose de maisons et d'immeubles bâtis principalement à l'alignement et en mitoyen avenue Dauphine et rue de Vaucouleurs, seules sept maisons (n° 8, 14, 32, 48, 31, 37 et 39 rue de Vaucouleurs) étant construites en retrait. La rue de la Cigogne possède au contraire un bâti plus diffus, les maisons étant surtout implantées en retrait, en mitoyenneté partielle ou isolée. L'ensemble de ces habitations disposent de cours (pour les immeubles) ou de jardins, ces derniers étant particulièrement profonds entre la rue de la Cigogne et la rue de Vaucouleurs. Les édifices qui comportent deux étages carrés couverts à deux pans en ardoise ou un étage carré et un comble mansardé se situent exclusivement avenue Dauphine (n° 82-94) et au début de la rue de Vaucouleurs (n° 6 et 7). À mesure que l'on s'éloigne de l'avenue, rue de Vaucouleurs ou rue de la Cigogne, les édifices sont moins élevés, à un étage carré ou en simple rez-de-chaussée, couverts de toits à deux pans en ardoise ou en tuile mécanique. Dans l'ensemble du lotissement, les constructions présentent une mise en oeuvre variée en moellon apparent ou enduit, en brique crue et silico-calcaire ou en meulière. Certains édifices, situés en particulier avenue Dauphine, ont bénéficié d'une construction soignée en pierre de taille ou en brique polychrome.

Mursbrique
brique silico-calcaire
pierre
meulière
enduit
faux pan de bois
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toitardoise, tuile
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à deux pans
toit à longs pans brisés
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Lettre de M. Dauvesse à M. le Maire de la Ville d'Orléans, 5 août 1893 (Archives municipales et communautaires d'Orléans, Série O, dossier 3)

    "Monsieur le Maire,

    J'ai l'honneur de soumettre à votre bienveillant examen le projet d'une rue qu'il me semblerait utile d'ouvrir sur le terrain m'appartenant rue Dauphine et dont la direction suivrait la ligne indiquée au plan ci-joint par les lettres A et B et teintée en jaune. Cette rue qui viendrait aboutir par son extrémité A à un terrain m'appartenant aussi et ouvrant devant l'église de St-Marceau, aurait cet avantage de permettre l'établissement d'une place devant l'église, auquel je contribuerais par l'abandon d'une partie du terrain qui est ma propriété. Ce double avantage de l'ouverture d'une voie nouvelle et de la création d'une place devant la nouvelle église me semble mériter toute votre attention et celle du Conseil municipal.

    Pour faciliter, Monsieur le Maire, à la ville d'Orléans la création de cette place et de cette rue, je vous proposerais de vous faire l'abandon gratuit du terrain nécessaire à l'assiette de la nouvelle voie, laquelle aurait environ 350 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur. Je vous ferais également l'abandon gratuit d'une partie d'un terrain pris sur ma propriété donnant sur la petite place actuelle de l'église et figurée d'ailleurs sur le plan ci-joint par les lettres D.E.F.G. et teinté en jaune (ainsi que la portion C, avançant sur la rue Dauphine, afin d'avoir une ligne droite). Ce terrain aurait ainsi une contenance de 1160 mètres environ.

    En échange des sacrifices considérables, que je m'impose par la présente offre, je voudrais, bien entendu, n'être soumis à aucune charge pour la création et la mise à l'état de viabilité de la nouvelle rue à ouvrir, pas plus qu'à aucune dépense pour la mise en état de la nouvelle place devant l'église. L'abandon gratuit d'une contenance le terrain qui n'est pas moindre de 3950 mètres dans un quartier où le terrain prend de jour en jour de la valeur, vous paraîtra, Monsieur le Maire, ainsi qu'au conseil municipal la justification que j'ai l'honneur de vous soumettre.

    Dans le cas, Monsieur le Maire, où il serait donné suite au projet que je vous soumets, permettez-moi de vous demander comme condition de l'engagement que nous contracterions que les travaux de viabilité de la rue nouvelle à ouvrir soient terminés dans un délai de six mois à partir de la signature de notre convention.

    A l'appui de cette proposition, laissez-moi, Monsieur le Maire, relever les avantages considérables que la création de cette rue et de cette place procurerait au quartier Saint-Marceau si populeux et si digne d'intérêt.

    1) La place dégagerait l'église neuve pour laquelle la ville a fait un si grand sacrifice et qu'on verrait de sa base à son sommet en passant sur la rue Dauphine, grande artère d'Orléans à Olivet et passage de tous les étrangers qui vont voir les sources du Loiret, puis cette place permettrait aux voitures amenant les fidèles à l'église de tourner facilement, ce qu'elles ne peuvent faire actuellement, si elles sont tant soit peu nombreuses à certains mariages, enterrements, ou autres cérémonies religieuses. En outre, cette place serait le chemin direct pour arriver à la rue projetée, dont voici les avantages.

    2) La rue projetée mettrait en communication plus directe l'église avec le cimetière ; le chemin que suivent actuellement les convois : la rue St-Marceau, la place et la rue de la Cigogne. Or cette dernière est non seulement très sinueuse, mais encore très étroite, et lorsqu'un cortège funèbre rencontre une autre voiture, c'est tout juste, si dans certaines parties de cette rue, il y a place pour le passage du char mortuaire. Cette rue étant bordée de maisons, surtout à son entrée à la rue Dauphine, on ne peut songer à l'élargir. En outre, les habitants des rue de la Corne de cerf, du Champ aux ânes, de l'alouette, de Boyeau, du Pressoir Blanc, des Chabassières, Croix mort tua le vif, du Clos Rozé, auraient un chemin plus court pour aller soit à l'église, soit à certains points de la rue Dauphine ou de la rue Saint-Marceau, soit pour se rendre au marché de la ville. Les habitants d'une notable portion de la route de St-Pryvé-St-Mesmin, de toute la rue du Lièvre d'or, de la rue de la fosse de Meule et même d'une partie de la rue Chardon jouiraient aussi d'un chemin plus court soit pour venir à l'église, soit pour aller rejoindre la rue Dauphine, le rue de la Mouillère, la route d'Olivet. Le chemin serait d'autant plus court que les rues que ces gens sont obligés de suivre actuellement : rue du Chardon, de la Fosse de Meule, de la Cigogne, sont étroites, sinueuses, en plus ou moins bon état en hiver, souvent encombrées de tas de sable ou d'engrais nécessaires aux maraîchers qui y habitent. Il n'en serait pas de même de la nouvelle rue qui bordée d'habitations neuves et confortables serait une des plus belles voies du quartier Saint-Marceau.

    Il vous sera facile, Monsieur le Maire, de vous rendre compte de l'exactitude de mon dire en jetant un regard même rapide sur le plan que j'ai l'honneur de vous soumettre, et sur lequel la rue et la place projetées sont figurées par les parties teintées en jaune."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série D. Délibérations du conseil municipal d'Orléans. 1893, 1903.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série 1 G, GF 74. Cadastre et Impôts directs. État parcellaire, section L. 1823-1969.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, dossier 3, cotation provisoire. Dossier concernant plusieurs voies.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, dossier 130, cotation provisoire. Rue de Vaucouleurs.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8086 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, avenue Dauphine, n° pairs. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8093 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue Vandebergue-de-Villiers. 1862-1984.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série G : 8094 (cotation provisoire). Fiches auxiliaires cadastrales, rue de Vaucouleurs. 1862-1984.

Documents figurés
  • Projet d'une rue à ouvrir dans la propriété de M. Dauvesse, vers 1893. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 130).

  • Projet d'échange de terrains entre M. Dauvesse et le Bureau de Bienfaisance, vers 1901. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 130).

  • Projet d'ouverture d'une rue dans le quartier Saint-Marceau, dressé par le directeur des travaux municipaux, 12 décembre 1893. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, série O, dossier 130).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann