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Lotissement concerté dit cité bleue

Dossier IA45003029 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Détail d'une maison, 57 rue du Grand-Villiers.Détail d'une maison, 57 rue du Grand-Villiers.

Contexte historique et urbain

La cité bleue est implantée dans un secteur périphérique qui connaît un premier développement au cours de l'entre-deux-guerres. Avec la cité rouge construite simultanément par les mêmes architectes sur la rive sud de la rue de l'Argonne, elle forme à cette période un nouveau noyau urbain. Celui-ci s'étend durant les années 1950 avec l'aménagement d'un ensemble d'immeubles collectifs le long de l'avenue de la Marne rompant avec la trame spatiale des premiers lotissements pavillonnaires.

Le programme d'habitations

Nous ne disposons que du plan-masse établi par les architectes Marcel Maurey, Roger Hummel et André Dubreuil à la même date que la cité Rouge en décembre 1929. Le projet prévoit la construction d'une maison à deux logements de type 2 rue de Reims (jamais réalisées), quatre maisons regroupant par deux des logements de type 3 et 3 bis également rue de Reims, et 28 maisons à deux logements de type 1. En l'absence de documents, l'organisation spatiale des types 3 et 3 bis (ce dernier se distinguant par un pan coupé couvert d'une croupe) demeure inconnue.Détail du plan de lotissement, 1929. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).Détail du plan de lotissement, 1929. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513). Les logements de type 1 jumelés sont identiques à ceux des cités de l'Office Public d'Habitations à Bon Marché d'Orléans (cité rouge et cité Émile-Zola) et comportent cinq pièces sur deux niveaux. L'entrée, située sur le mur pignon, donne accès à la salle-à-manger qui dessert une chambre, des W.C., une cuisine et une buanderie placées en retour. Le bûcher, accolé à la buanderie est indépendant et accessible depuis le jardin. Un escalier droit dessert deux chambres à l'étage. Les logements de type 2 prévus à l'origine devaient se distinguer du type 1 principalement par la création d'une salle commune réunissant la salle familiale et la cuisine.

À la construction de la cité, les maisons sont louées par la Société anonyme orléanaise des logements économiques pour familles nombreuses. Les conditions de location sont alors fondées sur "l'ordre, la propreté et la moralité", en vertu des principes d'éducation de la classe populaire qui sous-tendent la construction des ensembles d'H.B.M. Le cahier des charges interdit ainsi l'exercice des professions bruyantes, des animaux, des querelles et scandales entre voisins, de l'état d'ébriété, et enfin l'obligation de propreté du logement et du locataire.

Caractéristiques morphologiques et architecturales

Maisons jumelées, 6-8 rue Henri-Desforges.Maisons jumelées, 6-8 rue Henri-Desforges.La cité bleue est desservie par un réseau de trois voies parallèles tracées perpendiculairement aux rues de Reims et du Grand-Villiers. Contrairement à la cité rouge, elle ne comprend aucun espace collectif ou semi-privatif. En revanche, le quadrillage régulier et la faible superficie des parcelles (de 180 et 250 m² environ) sont similaires. Les maisons sont implantées en rangées discontinues séparées par les jardins individuels clos par des barrières en ciment sur la rue et par des grillages en mitoyenneté. Le manque probable de moyens économiques pourrait expliquer la composition des façades des maisons, lesquelles ne possèdent pas la richesse formelle de leur soeurs situées de l'autre côté de la rue de l'Argonne. Les façades lisses et enduites sont simplement soulignées par les appuis de fenêtres débordants et des portes d'entrée couvertes de fines corniches dont les piédroits évoquent des pilastres.

Appellationscité bleue
Parties constituantes non étudiéesmaison, jardin
Dénominationslotissement concerté
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : impairs de 145 à 153 rue de l', Argonne , 34, pairs de 46 à 52 rue de, Reims , impairs de 55 à 65 rue du, Grand-Villiers , 1 à 20 rue, Henri-Desforges , 2 à 17, 18, 20 rue du, Champ-Bourgeois , 1 à 11 rue
Fernand-Mars
Cadastre : 2008 CK 212 à 215, 219 à 259, 261 à 268, 275 à 282, 302, 305

La cité bleue, qui doit son appellation à ses toits couverts d'ardoise, a été réalisé par la Société anonyme orléanaise des logements économiques pour familles nombreuses, active à Orléans à partir de 1912. Le lotissement fait l'objet d'une autorisation préfectorale le 21 janvier 1931, d'après le projet dessiné en décembre 1929 par les architectes Marcel Maurey, Roger Hummel et André Dubreuil, architectes de l'Office Public d'Habitations à Bon Marché d'Orléans. Le projet comporte l'ouverture de quatre voies nouvelles dont une impasse, et la construction de 66 Habitations à Bon Marché. Si l'ensemble est aujourd'hui relativement bien conservé, plusieurs transformations ont néanmoins été effectuées par les habitants : construction d'annexes et extension de l'habitation (sur jardin), transformations de fenêtres en porte, fermetures de baies, modification des clôtures, façades ré-enduites. L'impasse Fernand-Mars a par ailleurs été prolongée postérieurement jusqu'à la rue de Reims et transformée en rue.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1931, daté par source
Auteur(s)Auteur : Maurey Marcel architecte attribution par source
Auteur : Hummel Roger architecte attribution par source
Auteur : Dubreuil André architecte attribution par source
Personnalité : Société anonyme orléanaise des logements économiques pour familles nombreuses
Société anonyme orléanaise des logements économiques pour familles nombreuses
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promoteur attribution par source

La cité bleue est située au nord de la rue de l'Argonne, entre les rues de Reims à l'ouest et la rue du Grand-Villiers à l'est. Desservie par la rue Henri-Desforges, la rue du Champ-Bourgeois et la rue Fernand-Mars, la cité se compose de 63 lots dont 62 habitations et un seul commerce implanté à l'angle de la rue de Reims et de la rue de l'Argonne (n° 145). Les parcelles sont clôturées sur rue par des grillages, des murs ou des treillis de ciment peint en blanc. Les maisons, qui regroupent deux logements sous un même toit, sont implantées de manière discontinue et symétriquement de part et d'autre de la voie. Elles sont construites en moellon enduit de ciment et possèdent un rez-de-chaussée et un étage carré couvert de toits en ardoise à deux pans et croupes (aux angles de la rue de Reims).

Mursenduit
moellon
Toitardoise
Étages1 étage carré
Couverturestoit à deux pans
croupe
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait du cahier des charges pour la location des immeubles à construire à Orléans au Clos Saint-Marc : conditions des locations (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513)

    "Le locataire devra :

    1) Occuper les lieux pour son habitation personnelle, dans des conditions satisfaisantes d'ordre, de propreté et de moralité, comme aussi vivre en bonne intelligence avec les autres locataires, et n'exercer dans les lieux loués aucune profession bruyante pouvant incommoder les voisins.

    2) Garnir les lieux loués de meubles et effets mobiliers en quantité et valeur suffisante pour répondre du loyer.

    3) Les entretenir et rendre à la fin du bail en bon état de réparations locatives, sans pouvoir effectuer aucune détérioration, ni changement de distribution.

    4) Faire nettoyer et ramoner, au moins une fois l'an, les cheminées et fourneaux dépendant des lieux loués, à ses frais et par l'entrepreneur de la société.

    5) Ne laisser séjourner dans les escaliers, vestibules ou corridors aucun objet, ne pas brosser, ni secouer les tapis dans l'escalier.

    6) Ne faire ni lessive, ni savonnage dans les chambres ou cuisines et essorer et laisser égoutter le linge avant de l'étendre dans le grenier, de manière à ne pas mouiller les plafonds.

    7) N'avoir ni chiens, ni chats, ni lapins, ni volailles ou autres animaux pouvant gêner les voisins.

    8) Satisfaire à toutes les charges de ville et de police, dont les locataires sont ou seront tenus par la loi et l'usage. Les locataires du rez-de-chaussée s'entendront pour faire le balayage de la rue au droit de leur logement.

    Tous scandales, ivresse manifeste et querelles bruyantes sont formellement interdits, et pourront donner lieu, ainsi qu'un état habituel de malpropreté, à la résiliation du bail."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, 2513, cotation provisoire. Lotissements privés, projets et enquêtes. Avec plans, 1928-1939.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; 2749 c. Société de logements économiques pour familles nombreuses : constitution et fonctionnement.

  • Archives départementales du Loiret ; 129 W 23185. Logements économiques et familiaux : Société orléanaise.

Documents figurés
  • Plan-masse de la cité, décembre 1929. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann