Logo ={0} - Retour à l'accueil

Lotissement concerté des Acacias

Dossier IA45003007 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Plan du lotissement des Acacias, 1935. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).Plan du lotissement des Acacias, 1935. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).Le lotissement des Acacias, aujourd'hui détruit, était implanté au nord de la voie ferrée dans un quartier ouvrier aménagé à la fin du 19e siècle par la Société Immobilière d'Orléans. L'alignement de maisons identiques implantées sur un parcellaire étroit (5 mètres de large) s'inspire directement des figures consacrées du logement ouvrier du milieu 19e siècle, dont le type est également illustré par les réalisations de la Société Immobilière d'Orléans, notamment dans le quartier des Acacias. Cependant, le lotissement des Acacias s'en distingue par la présence d'un jardin à l'avant de la maison et d'un garage associé de l'autre côté de l'impasse.

A l'intérieur, les maisons présentaient une distribution simple à deux pièces en profondeur desservies par un couloir au rez-de-chaussée. La présence d'une pièce commune, réunissant salle-à-manger et cuisine, et l'absence de salle de bain (uniquement cabinet de toilette) sont aussi caractéristiques des maisons destinées aux catégories populaires, en particulier des Habitations à Bon Marché.

Les arguments convoqués par l'entrepreneur pour défendre son projet de construction (voir cahier des charges) s'inscrivent dans la tradition des idées hygiénistes nées au 19e siècle pour le logement ouvrier. Dans le lotissement des Acacias, l'utilisation du système d'aération KNAPEN, dont l'entrepreneur détient la licence, et d'un matériau spécial, le bloc athermane, garantit la bonne isolation et l'aération du logement, en particulier l'évacuation de l'oxyde de carbone. Le système introduit dans la maison est ainsi comparé à celui du corps humain : la porte en constitue la bouche, les fenêtres les yeux et le système d'aération KNAPEN le nez.

Appellationsdes Acacias
Parties constituantes non étudiéesmaison, jardin
Dénominationslotissement concerté
Aire d'étude et cantonCommune d'Orléans
AdresseCommune : Orléans
Adresse : rue de la
Bourie-Rouge
Cadastre : 1823 F 5708 à 5713, 5926

En 1935, Lucien Herry, entrepreneur de travaux publics à Orléans, demande l'autorisation de lotir un terrain dont il est propriétaire rue de la Bourie-Rouge. L'origine de ce lotissement dit "des Acacias", nom emprunté au quartier ouvrier déjà existant, remonte cependant à 1927 lorsque Lucien Herry entreprend la construction de deux maisons, intégrées huit ans plus tard dans le plan du lotissement. Le projet prévoit l'ouverture d'une allée et la construction d'une maison avec commerce, 12 maisons en bordure de l'allée et 19 garages (dont cinq déjà construits). L'ensemble des constructions doit être réalisé par l'entrepreneur, selon le type bâti en 1927. Le cahier des charges contient dans sa première partie deux dispositions courantes des lotissements de l'entre-deux-guerres : l'interdiction d'installer des établissements pouvant induire des nuisances (bruits, odeurs) et l'obligation d'établir une clôture selon un type normalisé (ici en béton armé ajouré de 1 mètre de hauteur). L'originalité du cahier des charges réside plutôt dans sa seconde partie où l'entrepreneur insiste sur l'obligation d'installer une bonne aération des logements. Hormis les maisons et les garages dont la construction est attestée en 1935, l'évolution de ce lotissement demeure inconnue, le secteur ayant été fortement endommagé durant les bombardements de 1944.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1927, daté par source
1935, daté par source
Auteur(s)Auteur : Herry Lucien entrepreneur attribution par source

Le lotissement des Acacias était implanté entre la rue de la Bourie-Rouge au nord, la voie ferrée à l'ouest et le quartier des Acacias à l'est. Le projet établi comportait 34 lots desservis par une impasse de 8 m de large ouverte depuis la rue de la Bourie-Rouge. Une bande de 12 maisons implantées en retrait et disposant d'un jardin en fond de parcelle, ainsi que deux autres maisons construites au bout et en contrebas de l'impasse, étaient associées à la construction d'un commerce à l'angle de la rue de la Bourie-Rouge et de 19 garages. Les deux premières maisons, réalisées dans la partie nord du lotissement et dont les plans sont connus, comportaient sur deux travées un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et une couverture à deux pans. Construites en moellon apparent au niveau du soubassement ou enduit, elles possédaient des baies couvertes de linteaux métalliques et de briques et un décor de cabochon sous la corniche. Au sous-sol étaient placés une buanderie et un W.C. directement accessibles depuis le jardin. Le rez-de-chaussée proposait une distribution simple à couloir latéral desservant une chambre ou salle-à-manger côté rue, une salle commune intégrant la cuisine côté jardin. L'escalier situé en fond de couloir conduisait à un palier à l'étage, desservant deux chambres, dont une, située côté rue, donnait accès à un cabinet de toilette.

Mursenduit
moellon
Toit(?)
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couverturestoit à deux pans
État de conservationdétruit

Annexes

  • Extrait du cahier des charges du lotissement des Acacias, 12 septembre 1935 (Archives municipales d'Orléans, 2513)

    Extrait du cahier des charges du lotissement des Acacias, 12 septembre 1935 (Archives municipales d'Orléans, 2513) :

    "Il a été établi de la manière suivante le lotissement de ce terrain et les conditions sous lesquelles les ventes des différents lots auront lieu. Les lots sont indiqués sur le plan ci-joint. Ils sont de forme sensiblement semblable selon leur destination et de surface un peu variable par l'emplacement. Une allée de 8 mètres de largeur sépare le terrain en deux parties. Le côté est part de la rue et comporte le lot A destiné à une maison de commerce ou d'habitation, une remise faisant partie de ce lot et ensuite 19 garages portant les numéros 1 à 19. Le côté ouest comprend 12 lots numérotés de 1 à 12 avec murs mitoyens, plus 2 lots en contrebas, pour construction au niveau des voies de chemin de fer. Cette allée sera empierrée en moellon dur sur 0,30 m d'épaisseur. En raison de la présence des garages, elle ne possèdera qu'un seul trottoir-caniveau. Sa pente vers la rue est de 15 m/m par mètre. La moitié de la largeur de l'allée est comprise dans la contenance de chacun des lots y touchant ; il en est de même pour les garages (...)

    Dans l'intérêt de la salubrité publique, il est absolument interdit à chacun des acquéreurs de déposer dans l'allée projetée des ordures ménagères, des débris de jardinage ou autres immondices quels qu'ils soient.

    Jusqu'au jour où la ville aura pris à sa charge l'entretien de l'allée, chacun des acquéreurs devra prendre les dispositions nécessaires pour assurer à ses frais l'écoulement et l'absorption sur son lot même de toutes les eaux provenant de ce lot, sans pouvoir jamais faire évacuer les eaux sur les autres lots ou sur l'allée.

    Dans ce lotissement sera consacré le système de l'écoulement séparatif des eaux de pluie et résiduelles. Les eaux de pluie et de lavage de la buanderie sont reçues dans le sol du jardin ; celles de l'évier de cuisine et de la fosse septique sont reçues dans un puits perdu profond, se trouvant sur le lot n° 1. L'entretien de ce puits absorbant de 22 mètres de profondeur sera à la charge commune des propriétaires des lots de 1 à 14. Il en sera de même pour le collecteur en grès vernissé et du regard se trouvant devant chaque maison.

    Il est interdit à perpétuité à chacun des acquéreurs et à ses successeurs d'installer, créer, tenir ou gérer sur le lot qui lui appartiendra aucun commerce de débit de boissons ou de liqueurs, hôtel meublé, restaurant, salle de fêtes, bal, cinéma et aucun commerce ou industrie pouvant être gênant pour le voisinage par le bruit et l'odeur. (...)

    Les clôtures entre chaque lot seront faites après entente entre les propriétaires voisins ; en cas de non entente ces clôtures seront établies obligatoirement à première diligence de l'un des propriétaires sur le terrain appartenant à chacun. Leur construction sera en béton armé ajouré, de 1 m. de hauteur.

    L'interdiction de commerce indiquée plus haut ne s'applique pas au lot A qui peut avoir un accès directement sur la rue de la Bourie-Rouge, étant entendu que le public ne devra entrer dans l'immeuble que par cet accès pendant les heures de fermeture de l'impasse.

    Construction des habitations et garages

    La vente des lots se fera en partant du n° 1 et de telle manière que les propriétaires suivants ne se trouveront pas retardés dans leur prise de possession par les délais de construction du lot précédent. Les acquéreurs des lots 3 à 14 s'engageront à faire construire immédiatement leur habitation suivant le type déjà réalisé pour les lots 1 et 2 en tant que distribution des pièces et emplacement des baies. L'aspect de la façade pourra cependant varier par les crépis, enduits, etc. Les constructions devront d'ailleurs être exécutées par le vendeur qui se réserve en outre le droit d'imposer le matériau spécial et le système d'aération breveté dont il a la licence pour le département. L'emploi de ce matériau (bloc athermane KNAPEN) et l'aération horizontale différentielle naturelle du même inventeur constituent d'ailleurs un progrès et un confort plus grands que ce qui a été réalisé jusqu'au présent dans la construction courante.

    Particularités et hygiène du lotissement et des constructions

    À l'achèvement de toutes les constructions, la voie ouverte présentera une grande cour commune de 680 mètres carrés environ de surface (85 x 8). Les voitures attelées et les automobiles ne devront circuler sur cette voie qu'à la vitesse de 6 kilomètres à l'heure.

    Si l'on admet que dans une ville, les points élevés doivent être recherchés pour construire, les gaz lourds restant plus longtemps dans les fonds ou cuvettes, le lotissement des Acacias répond parfaitement à cette condition. Les fumées du chemin de fer qui s'y faisaient sentir quelques fois avant l'électrification de la ligne ont disparu aujourd'hui presque complètement.

    L'auteur du projet a cherché à donner à ces habitations :

    - Une grande cour où les enfants peuvent jouer sans courir les risques d'accidents de la rue par la circulation des automobiles,

    - Une maison appartenant au même propriétaire (ou occupée par le même locataire) de la cave au grenier.

    Cette maison a cependant le minimum de murs froids : 2 façades de 5 mètres, chacune d'elles étant exposée l'une à l'Est et l'autre à l'Ouest. Les voisins se chauffent mutuellement à part la maison n° 1 dont le pignon nord est construit dans la hauteur du rez-de-chaussée et celle n° 12 qui a le pignon sud.

    Il convient de faire ressortir là, la valeur du bloc athermane dont le pouvoir isothermique vaut un mur ordinaire de 1,20 m d'épaisseur pour protéger du froid et 0,60 m contre la chaleur du soleil. L'oxygène est introduit dans toutes les pièces à profusion : les échanges d'air sont permanents nuit et jour.

    Dans leur "livre" les docteurs Bouloumie et Maurice Boigey écrivent :

    "Si vous avez le loisir de construire votre maison, qu'elle soit élevée comme les temples d'Hygie, sur une faible hauteur, son exposition doit permettre qu'elle soit ensoleillée et lumineuse sans, cependant, être exposée en plein soleil de midi. L'un des pignons recevra les vents humides et des arbres proches briseront l'effort des vents froids. Les vieillards ne se trouvent bien ni du vent, ni du voisinage de la mer. Leur constitution s'accommode mieux des hauteurs et même des grandes altitudes. On plantera des arbres au voisinage de l'habitation, mais ils ne couvriront pas de leur ombre une partie de la maison. Celle-ci doit pouvoir être librement ensoleillée. Préférer à toute autre l'aération par les fenêtres ouvertes ; elle nous donne un fluide notablement plus pur que celui qui passe par les longs et obscurs tuyaux des grands appareils de ventilation."

    Ces docteurs ont parfaitement raison, surtout lorsqu'ils ajoutent :

    "Si bien conditionnés qu'ils soient, les poêles à combustion lente dégagent dans les cheminées des quantités formidables d'oxyde de carbone. En hiver pendant la nuit, le feu étant très ralenti, l'air de la cheminée devient plus froid que celui de la chambre surchauffée tout le jour, et le courant des produits de la combustion se met à l'inverse du sens voulu. L'oxyde de carbone envahit sournoisement nos demeures. Le nombre des gens âgés que le calorifère à air chaud et le poêle à combustion lente ont tués est incroyable."

    Aujourd'hui, il est admis que dans une maison la porte en est la bouche, les fenêtres les yeux et que l'aération horizontale différentielle naturelle KNAPEN en constitue le nez. Ces médecins ont raison de préférer l'aération naturelle, mais la dimension des fenêtres n'est donnée que pour le pouvoir éclairant. Il faut donc un nez à cette maison et celles du lotissement des "Acacias" possèdent ou posséderont toutes cet organe, avec les deux phases d'inspiration et d'expiration. Par l'expiration s'échapperont en plus de l'air usé, les gaz de toutes natures. Et avec ces docteurs on pourra dire : "L'air, pabulum vitea, est le pain invisible des poumons vivifiant et nourricier. Ni la vie ni le feu ne subsistent sans lui".

    Situé entre les gares d'Orléans et des Aubrais à 1200 mètres des boulevards et de la Gare, côté de la route de Paris et à 300 mètres du faubourg Bannier, le nouveau lotissement est assez central et le deviendrait davantage par le déplacement de la gare des Aubrais. Le garage affecté à chaque appartement répond également aux besoins de la vie d'aujourd'hui. Construits de l'autre côté de l'allée, il n'est pas une cause de danger d'incendie.

    Pour compléter cet exposé, il y a lieu de préciser que la nature du sol est la terre végétale et le tuf rouge, que le sous-sol est le tuf blanc et le calcaire de Beauce. Le terrain n'est pas inondable. La dénomination du lotissement lui a été en raison du quartier et du voisinage de la place "des Acacias"."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 143. Casier sanitaire des immeubles, rue de la Bourie-Rouge : n° 3 à 91. 1905-1975.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans ; série O, 2513, cotation provisoire. Lotissements privés, projets et enquêtes. Avec plans, 1928-1939.

  • Archives départementales du Loiret, 129 W 23345. Lotissements d'Orléans.

Documents figurés
  • Lotissement des Acacias, plan du 1er étage, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 143).

  • Plan de situation du lotissement des Acacias, 1935. (Archives départementales du Loiret, Orléans, 129 W 23345).

  • Plan de la propriété de Lucien Herry et situation de deux maisons à construire, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 143).

  • Élévation des façades principales, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 143).

  • Plan du rez-de-chaussée, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 143).

  • Plan du lotissement des Acacias, 1935. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 2513).

  • Plan du sous-sol, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 143).

  • Plan du sous-sol, 1927. (Archives municipales et communautaires d'Orléans. 5 J 143).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann