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Les établissements publics de l'enseignement agricole

Dossier IA00141367 réalisé en 2013

Fiche

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Placé sous la tutelle directe du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation, l’enseignement agricole est une composante active du système national d’éducation qui offre une large variété de parcours de formation allant de la classe de 4e au doctorat.

Ce dossier thématique réunit les dossiers des Établissements Publics Locaux d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles (EPLEFPA) et des Lycées Professionnels Agricoles (LPA), des anciennes écoles pratiques d'agriculture, écoles d'agriculture d'hiver, écoles ménagères agricoles, centres de formation ou collèges devenus lycées agricoles. Leurs dépendances et l'ancien lycée agricole de Bourges, détruit en 2012, sont également décrits.

Historique de l'enseignement agricole

Sous l'Ancien régime, les tentatives de création d'écoles agricoles afin d'améliorer la connaissance, de diffuser les techniques nouvelles d'agriculture pour un meilleur rendement des sols et de retenir les fils de paysans sur leur terroir restent à l'état de préconisations. Entre 1800 et 1806, une école d'arboriculture, une école d'horticulture et une école d'agriculture pratique voient le jour à Paris, au Museum national d'histoire naturelle, qui connaissent un certain succès. L'enseignement délivré y est à trois niveaux : pratique pour les enfants d'ouvriers agricoles et de petits cultivateurs, théorique basé sur des livres de pratique pour les fermiers et propriétaires de domaines de moyenne importance et théorique basé sur des ouvrages traitant de physique, chimie et physiologie pour les grands propriétaires.

Dans la première moitié du 19e siècle, prenant exemple sur plusieurs initiatives privées, l'État crée l'École royale des Eaux et Forêts à Nancy en 1824 et l'École vétérinaire à Toulouse l'année suivante. A partir de 1830, le Conseil supérieur de l'agriculture réfléchit à une politique d'enseignement agricole, préconise la création d'un ministère de l'agriculture et développe une politique de subventions et d'encouragements (postes de professeurs créés...).

Amilly, lycée agricole du Chesnoy ; à droite, l'exploitation agricole.Amilly, lycée agricole du Chesnoy ; à droite, l'exploitation agricole.Cependant, l'enseignement agricole en France est véritablement fondé par le décret du 3 octobre 1848. Élargissant les projets essentiellement développés en 1845-1846, il institue un système d’enseignement à trois niveaux, avec la création de fermes-écoles départementales gratuites établies sur des domaines privés, d'écoles régionales payantes (six dans la région Centre-Val de Loire) et d’un institut national d’agronomie, ouvert à Versailles en 1850, qui forme des ingénieurs et des professeurs, en même temps qu'il constitue un laboratoire de recherche et d'expérimentation.

La loi de modernisation de l'enseignement agricole du 2 août 1960 marque une évolution importante de cet enseignement qui reste cependant sous la tutelle du ministère chargé de l’Agriculture. Elle vise à favoriser la diffusion des connaissances scientifiques et techniques et à améliorer les compétences des agriculteurs en renforçant la formation théorique. Les programmes sont profondément modifiés afin de délivrer des diplômes comparables à ceux de l'Éducation nationale. Une conséquence directe est de requalifier les différents établissements en "collège" et "lycée" agricoles. C'est le cas de l'école régionale du Chesnoy à Amilly qui devient "Lycée agricole du Chesnoy".

Les lois du 9 juillet et du 31 décembre 1984 sont l'aboutissement des réflexions menées depuis 1982 dans la perspective de la décentralisation. Il s'agit d'une rénovation en profondeur de l'enseignement agricole, en lien avec la politique générale d'éducation et la politique agricole. Les lois prévoient l'élargissement de la formation qui doit préparer à tous les modèles d'agriculture et à tous les métiers ruraux, impliquant une modification des contenus scolaires, des méthodes pédagogiques et d'évaluation des connaissances et des diplômes.

La loi d'avenir pour l'Agriculture, l'Agroalimentaire et la Forêt de 2014, introduit dans l'enseignement agricole l'agroécologie qui constitue une nouvelle façon de concevoir les systèmes de production, en s'appuyant sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Le concept est de diminuer les pressions sur l’environnement et de préserver les ressources naturelles, tout en améliorant les résultats techniques et économiques par de nouvelles pratiques.

Cet enseignement couvre à présent les domaines suivants : activités hippiques, agroalimentaire et bio-idustries, agroéquipement, conseil-vente, cultures, élevage et soins aux animaux, environnement, forêt, aquaculture et pêche, horticulture, paysage, services en milieu rural, vigne et vin.

Les Lycées agricoles en Région Centre-Val de Loire

Le Subdray, lycée agricole de Bourges-Le Subdray : le patio ou le jardin d'apprentissage.Le Subdray, lycée agricole de Bourges-Le Subdray : le patio ou le jardin d'apprentissage.

En 2013, la région Centre-Val de Loire est dotée de 34 lycées, dont onze lycées publics répartis sur 15 sites, délivrant un enseignement général, technologique ou professionnel agricole :

Cher

- Lycée agricole de Bourges-Le Subdray (remplace le lycée agricole de Bourges)

Eure-et-Loir

- Lycée agricole de Chartres-La Saussaye à Sours, près de Chartres

Indre

- Lycée agricole Naturapolis à Châteauroux

Indre-et-Loire

- Lycée agricole de Tours-Fondettes Agrocampus

- Lycée professionnel agricole d'Amboise

- Lycée professionnel agricole de Chambray-lès-Tours

Loir-et-Cher

- Lycée agricole de Vendôme à Areines

- Lycée professionnel horticole Charles Plumier à Blois

- Lycée professionnel agricole à Montoire-sur-le-Loir

Loiret

- Lycée agricole du Chesnoy à Amilly, près de Montargis

- Lycée professionnel agricole de Beaune-la-Rolande.

Ces onze établissements, répartis dans les six départements de la région, forment un ensemble d’une grande cohérence répondant à deux caractéristiques essentielles, qui les distinguent des lycées généraux :

La continuité du fait pédagogique malgré une hétérogénéité des publics

Outre les enseignements spécifiques au caractère agricole, ces établissements regroupent en effet depuis la loi de décentralisation de 1983, plusieurs centres de formation correspondant chacun à une voie de formation et un type de public :

  • lycéens ;
  • apprentis ;
  • stagiaires adultes.

A noter que les apprentis et les stagiaires adultes dans les Centres de Formation d'Apprentis (CFA) et Centres de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) sont souvent regroupés sur le même site que les lycées.

Un vaste domaine foncier pour chacun de ces établissements

L’autre particularité des établissements agricoles est de disposer, la plupart du temps, d’un vaste domaine foncier. Compte tenu des modalités historiques de fondation de ces établissements sur des propriétés foncières rurales en faire-valoir direct autour d’une exploitation agricole dépendant d’une grande demeure, voire d’un château, ces ensembles, dans leur diversité, témoignent à la fois de la complexité et de la richesse du patrimoine bâti des EPLE régionaux où ils représentent approximativement 10% des établissements publics.

Intérêt de l'étude d'inventaire

L’intérêt de se consacrer à cet ensemble de 11 lycées agricoles permet d’appréhender en un temps d’enquête raisonnable un ensemble original et cohérent d’établissements, à propos desquels la bibliographie est encore récente et porte davantage sur l’enseignement que sur le patrimoine architectural, lieu de cet enseignement.

Enfin, l’enquête sur le patrimoine des lycées agricoles en région Centre-Val de Loire offre l’opportunité de porter l’attention de tous sur la richesse d’un patrimoine souvent méconnu, susceptible d’être menacé. Du fait des évolutions économiques et sociales, certains usages déclinent et peuvent mettre en péril le patrimoine bâti. Face à cette évolution, l’intérêt de l’étude menée par le Service Patrimoine et Inventaire peut résider en une aide à la décision.

Amboise, lycée professionnel agricole ; au fond, le parc de la demeure de la Gabillière.Amboise, lycée professionnel agricole ; au fond, le parc de la demeure de la Gabillière.

Ont été incluses dans l'étude, les exploitations agricoles et les structures annexes dépendant de ces établissements (ferme, chai, cave, entrepôt...) indispensables pour l'enseignement pratique, afin de compléter le corpus et de fournir un panorama le plus juste possible de la thématique de l'enseignement agricole en région Centre-Val de Loire. Certains édifices ont été uniquement repérés - les informations les concernant sont donc succinctes - et n'ont pas fait l'objet à l'heure actuelle d'une étude plus aboutie, c'est en particulier le cas pour les structures privées.

De même, ont été prises en compte les collections d'objets mobiliers, qu'ils soient artistiques ou scientifiques, conservés dans ces établissements, dont certains ont été exécutés dans le cadre de commande publique du 1% artistique.

Aires d'étudesRégion Centre-Val de Loire
Période(s)Principale : Epoque contemporaine

Annexes

  • 1- Liste des anciens établissements ayant délivré un enseignement agricole

    Écoles d'agriculture d'hiver :

    • École d'agriculture d'hiver au lycée de Blois (IA00141117)
    • École d'agriculture d'hiver au Lycée Giraudoux de Châteauroux (IA36006600)
    • École d'agriculture d'hiver au Lycée Ronsard de Vendôme (IA41000698)
    • École d'agriculture d'hiver de Châteauroux (IA36006614)

    Écoles ménagères :

    • École ménagère de Prépatour (IA41000703)
    • École ménagère de Châteauroux (IA36006615)
    • École ménagère de Blois (IA41000700)

    Écoles professionnelles :

    • École pratique de Clion (IA36006613)
    • École d'agriculture du Loiret (IA45002414)

  • 2- Les lycées agricoles publics en 1965

    La Nouvelle République (Archives départementales de Loir-et-Cher, 1175 W 79)

    3 lycées : Tours-Fondettes, Chartres-la-Saussaye, Montargis-Le-Chesnoy

    2 collèges de filles : Chambray-les-Tours, Beaune-la-Rolande

    en cours de construction ou prévision :

    3 lycées : Vendôme, Bourges, Châteauroux

    2 collèges de garçons : La Châtre, Blois

    + Une école ménagère à Lucé qui deviendrait collège [projet non réalisé].

  • 3- Les établissements d'enseignement agricoles publics dans les années 1960-1970 :

    Établissements d'enseignement agricoles publics dans le Loir-et-Cher :

    En 1974 : (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82721) :

    Remise au Domaine de l'immeuble de l'ancien foyer du progrès agricole de Lamotte-Beuvron.

    En 1972 : (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82721) :

    L'école d'agriculture d'hiver de Souvigny-en-Sologne, attente de publication du décret prononçant sa dissolution [dernière session en 1967].

    En 1971 : (Le Vendomois du 2 avril 1971 / AD41. 1175 W 90) :

    A Vendôme sont réunis le lycée, le collège et le CFPA cynégétique.

    A Blois, un CFPA mixte.

    A Montoire, un CFPA avec une section d'éducation professionnelle agricole

    En 1970 : (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    Lycée et collège agricole géminés de Vendôme-Areines : ouvert en 1967.

    CFPAJ de Prépatour - ancienne école ménagère - supprimé au 1er septembre 1970.

    CFPAJG - ancienne école d'agriculture - et CFPAJF - ancienne école ménagère - géminés de Blois depuis 1969. Les garçons sont hébergés au lycée de Blois.

    CFPAJ de Lamotte-Beuvron-Souvigny a été supprimé en 1967.

    CFPAJG de Montoire.

    En 1969 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82721) :

    Par décret n° 69 182 du 15 février 1969, l'école ménagère agricole de Prépatour (commune de Naveil) a fait l'objet d'une décision de rattachement au lycée agricole de Vendôme. (Suppression à compter au 1er septembre 1970)

    En 1969 (Archives départementales du Loiret,1069 W 82604a) :

    L'école ménagère agricole et l'école d'agriculture d'hiver de Blois fusionnent pour former le CFPAJ de garçons et de filles.

    En 1967 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    Le CFPAJ de la Motte-Beuvron a été supprimé.

    En 1967 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82722) :

    L'école d'agriculture d'hiver de Souvigny-en-Sologne au lieu la Maisonnette a cessé de fonctionné (en fin de session).

    Fin de bail de la ferme expérimentale de Maisonnette au 1er novembre 1967.

    En 1966 (Archives départementales du Loir-et-Cher, 1175 W 79) :

    Ouverture du lycée agricole de Vendôme le 15/09/1967

    Suppression de la section locale de Selles-sur-Cher rattachée à l'école ménagère de Blois.

    Suppression de la section locale de Droué rattachée à l'école ménagère de Prépatour (Naveil).

    Proposition de création de 3 CFPA : Blois, Montoire et Saint-Aignan.

    En 1966 (source l'Agriculteur du 20 avril 1966 / Archives départementales du Loir-et-Cher, 1175 W 79) :

    La session 1965-66 de l'école d'agriculture d'hiver de Blois a duré 4 mois, elle est hébergée depuis 9 ans au lycée de Blois.

    En 1964 (Archives départementales du Loir-et-Cher, 1175 W 79) :

    École ménagère agricole et école d'agriculture d'hiver de Blois.

    Centre de formation des bergers

    Ferme expérimentale et centre national de contrôle de ponte de Souvigny-en-Sologne

    Foyers de progrès agricole de Lamotte-Beuvron, Saint-Aignan-sur-Cher et Montoire.

    Établissements d'enseignement agricoles publics dans l'Indre :

    En 1970 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    CFPAJ de Valençay est situé dans les locaux de l'EN ; la municipalité a réservé un terrain pour la construction.

    CFPAJ du Blanc ; l'absence d'internat limite son rayon d'action.

    CFPAJ de la Châtre est maintenu en attendant la construction d'un collège.

    Les lycée et collège de Châteauroux sont ouverts depuis 3 ans.

    Établissements d'enseignement agricoles publics en Eure-et-Loir :

    En 1970 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    CFPAJF de Lucé - ancienne école ménagère agricole - devant être transformé en collège.

    Lycée agricole de garçons de Chartres-La Saussaye

    Le projet de collège agricole de Miermaigne est repoussé.

    Établissements d'enseignement agricoles publics dans le Cher :

    En 1970 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    CFPAJ de Châteaumeillant : suspension de son fonctionnement.

    CFPAJ de Vailly-sur-Sauldre : inexistence d'internat.

    Lycée agricole de Bourges : manque les bâtiments d'exploitation sur le domaine agricole.

    École ménagère du Vouzay disparue entre 1965 et 1970.

    Établissements d'enseignement agricoles publics en Indre-et-Loire :

    Le lycée agricole de Tours-Fondettes Agrocampus. Les agrandissements correspondant à la transformation d'une école d'agriculture d'hiver sont en cours d'achèvement.

    Le collège agricole de Chambray-lès-Tours fonctionne dans les locaux d'une ancienne école ménagère.

    CFPAJ d'Amboise : absence d'internat.

    CFPAJ de Preuily-sur-Claise : manque un internat. Attente de la construction d'un collège agricole de Loches où le Conseil général a acquis une propriété.

    CFPAJ de Neuvy-le-Roi supprimé en 1966.

    Établissements d'enseignement agricoles publics dans le Loiret :

    En 1970 (Archives départementales du Loiret, 1069 W 82604a) :

    Lycée agricole du Chesnoy.

    Collège agricole de Beaune-la-Rolande - ancienne école ménagère -

    CFPAJ de Bellegarde - ancien foyer de progrès agricole - manque un internat.

    CFPAJ de Sougy ; transfert prévu dans le cadre de la création programmée du lycée agricole de Fleury-les-Aubrais.

  • 4- École d'agriculture d'hiver annexée au lycée de Vendôme

    Lettre du proviseur du lycée de Vendôme à Monsieur le Recteur de l’Académie de Paris, le 8 mars 1921 (Source : Archives départementales de Loir-et-Cher, 7 M 234)

    J'ai l'honneur d'attirer votre bienveillante attention sur la situation de l’École d'Agriculture d'Hiver annexée au lycée de Vendôme et sur les débats qui auront lieu du Conseil Général, pendant la session de mars courant au sujet de son maintien à Vendôme ou de son transfert à Blois.

    Le principe de la création d'une école d'Agriculture en Loir-et-Cher a été adopté, en août 1919, par le Conseil Général et le Conseil de l'Office départemental agricole. Ces assemblées, rejetant comme trop onéreux le projet présenté par la direction départementale des services agricoles de l'acquisition dans la banlieue de Blois d'une propriété où aurait été installée une école d'agriculture autonome [souligné par le proviseur], décidèrent que l'école serait annexée à un établissement scolaire.

    Les municipalités de Blois et de Romorantin déclinèrent les offres qui leur furent faites immédiatement par le directeur départemental des services agricoles relativement à leurs collèges. L'administration départementale songea, alors, au lycée de Vendôme et j'en fus averti officieusement par Monsieur l'Inspecteur d'académie Le Téo au début de septembre 1919. Toutefois, le mois de septembre tout entier s'écoula avant que je reçusse une confirmation officielle de ces intentions, je la provoquais même, sur le conseil de Monsieur l'Inspecteur, et je sollicitais une audience de Monsieur le Préfet.

    L'école s'ouvrit seulement le 1er décembre 1919.

    Bien que la direction départementale des services agricoles n'eût fait connaître par la presse la création de cette école qu'en octobre, c'est à dire après la rentrée des établissements scolaires, à une époque où les parents ont déjà pris des décisions relativement aux études de leurs enfants, bien que le minimum d'âge fût plus élevé que dans les autres écoles d'agriculture, bien que la date d'ouverture fût tardive l'école compta dès les premiers jours 10 élèves de première année. Cet effectif pouvait sembler normal pour un début si on considère que les 27 écoles d'agriculture existant actuellement et comprenant les deux premières années d'études règlementaires compte, en moyenne, 20 élèves. (Déclaration de Monsieur le Député Plissonnier examen du budget de l'Agriculture par la Chambre des Députés, 1ère séance du 27 janvier 1921, J.O. du 28 janvier, p. 151, colonne I, lignes 1 et 2).

    Comme toutes les écoles d'agriculture d'hiver annexées à des établissements universitaires, l'école de Vendôme a un directeur technique : M. le directeur départemental des services agricoles, un directeur administratif : M. le Proviseur. L'enseignement général (Français, Géographie, Mathématiques, Physique, Chimie, Sciences Naturelles) est donné par 5 professeurs du lycée. L'enseignement de la technologie, du dessin agricole, du travail du fer et du bois a été confié, dès l'an dernier, au sous directeur d'une importante fonderie de Vendôme, ingénieur des Arts et Métiers, assisté de 2 des ses contremaîtres. Un horticulteur, depuis le 1er décembre 1920 ; un médecin vétérinaire, depuis le 1er février 1921, ont été chargés de conférences et exercices pratiques.

    Le poste de professeur de l'Agriculture de l'arrondissement de Vendôme étant vacant depuis plusieurs années - j'ignore pour quelles raisons - l'enseignement agricole est donné par Monsieur le directeur départemental des services agricoles résidant à Blois, et cette année, d'un ingénieur agricole préparateur au laboratoire de Blois et du professeur d'agriculture de Romorantin. L'année scolaire - décembre 1919 mars 1920 - se passa sans incident.

    Dès le début de juin 1920, je sollicitais de Monsieur le directeur départemental des services agricoles une entrevue pour fixer l'emploi du temps et le programme de l'année scolaire 1920-1921 et préparer la propagande qu'il était utile de faire pendant les grandes vacances. De cette entrevue qui n'eut lieu qu'en juillet, j'emportais l'impression que Monsieur le directeur n'envisageait pas comme certaine la réouverture des cours à Vendôme, en novembre suivant.

    Je ne fus donc pas étonné d'apprendre fin août, que le Conseil Général avait été saisi d'une demande de M. Decault, secrétaire de la Société d'Horticulture de Loir-et-Cher, président du syndicat horticole de Loir-et-Cher, concernant le transfert de l'école à Blois. Les débats du Conseil Général ont été résumé ainsi par la presse : l'année dernière, une école d'agriculture d'hiver, décidée par le Conseil Général, a dû être installée au lycée de Vendôme, au refus des villes de Blois et de Romorantin. Elle n'a groupé que 10 élèves dont 9 originaires du nord de la Loire et 1 de la région du sud. Aurait-elle plus d'élèves si elle était installée à Blois, point central du département, et doit-on la déplacer dans ce but ? Sur ce thème, une discussion extrêmement animée a eu lieu. Les Vendômois : MM. Berger et Johannet ont véhémentement défendu le maintien de l'école à Vendôme. MM. Amiot, Hérault, Triaureau sont également intervenus. Finalement la décision ci-après a été adoptée : le Conseil Général sur la proposition de MM. Berger, Johannet et Triaureau décide le maintien provisoire à Vendôme de l'école d'agriculture d'Hiver jusqu'au mois d'avril 1921, époque à laquelle le Conseil statuera sur son maintien à Vendôme en tenant compte des résultats obtenus.

    La publicité donnée à ces débats, la menace de fermeture suspendue sur l'école ne pouvaient que nuire à son recrutement ? Certaines familles, désireuses d'envoyer leurs enfants à l'école d'agriculture, attendent actuellement la fin de la situation provisoire créée par le vote du Conseil Général.

    D'autre part les partisans du transfert à Blois continuèrent une campagne de presse. Le 1er novembre 1920, M. Decault résumait son argumentation dans une revue locale "Blois et le Loir-et-Cher" en ces termes :

    Examinons les raisons qui militent en faveur du transfert de l'école à Blois. Situé au centre du département, admirablement desservi par les chemins de fer et tramways départementaux, Blois est également accessible à toute la population du Loir-et-Cher tandis que le maintien de l'école à Vendôme en rend l'accès difficile, sinon impossible à tous les habitants de la rive gauche de la Loire... Blois est le siège de la direction des services agricoles de Loir-et-Cher avec ses stations agronomique, œnologique et entomologique. Le professeur d'horticulture aura sa résidence à Blois. La société d'horticulture va commercer l'organisation de son jardin école d'horticulture... En dépendront : une école de botanique, ... une école de vigne de table... La même société vient de créer à Blois une station expérimentale de culture maraîchère ... Une station expérimentale d'arboriculture fruitière est à l'étude... Nous sommes persuadés que le Conseil Général de Loir-et-Cher... procédera, en raison des multiples organisations énoncées ci-dessus, à l'annexion au collège de Blois de l'école d'agriculture et d'horticulture d'hiver.

    La rentrée était fixée au 15 novembre 1920. Quelques jours avant cette date, M. le directeur des services agricoles m'avisait que le décret interministériel qui devait intervenir en vertu du décret du 23 juin 1920 portant règlement d'administration publique pour l'exécution de la loi du 2 août 1918 sur l'organisation de l'enseignement professionnel public de l'agriculture n'était pas encore signé et que la rentrée devait être différée. Le 1er décembre l'école comptait 9 élèves : 4 en deuxième année, 5 en première année. L'enseignement y fut donné de la même façon que l'année précédente, encore le cours le cours de médecine vétérinaire ne commença-t-il que le 1er février - j'ignore pour quelles raisons - et le cours d'hygiène humaine prévu au programme n'a t-il pas eu lieu. Telles sont, M. le Recteur, les conditions dans lesquelles le Conseil Général va être appelé à statuer sur le maintien de l'école à Vendôme ou sur son transfert à Blois. De l'exposé qui précède il semble résulter avec l'évidence que les circonstances ont été parfois étrangement défavorables à l'expérience tentée dans notre établissement et que, par conséquent, cette expérience même ne peut fournir une base solide à une discussion loyale.

    Je n'examinerai pas le plaidoyer des partisans du transfert de l'école à Blois qui décorent de noms pompeux des organisations souvent modestes, parfois seulement projetées. Ils ne font généralement que reproduire, en les adaptant à l'époque, les arguments évoqués, il y a 125 ans, en floréal et germinal de l'An III, lors de la création de l’École Centrale en Loir-et-Cher (Cf. Bonhoure, le Collège et le Lycée de Vendôme pages 242 sqq). Il n'est pas exact d'affirmer que Blois est le centre économique du Loir-et-Cher tout entier. Le département manque de ce point de vue d'homogénéité. L'arrondissement de Vendôme jouit d'une complète autonomie. Les cantons de la vallée du Cher : Montrichard, Saint-Aignan, Selles, Mennetou, subissent l'attrait de Tours et de Vierzon beaucoup plus que celui de Blois. Les cantons de Salbris, Lamotte-Beuvron sont en relations d'affaires presque exclusivement avec Orléans. Je n'insisterai pas sur les avantages offerts par notre lycée à l'école d'agriculture : nos bâtiments sont très vastes et nous mettons à la disposition de l'école tous les locaux qu'elle peut désirer ; nos ateliers de bois et de fer sont utilisés par ses élèves, le parc, le jardin du lycée pourraient l'être également si les professeurs d'agriculture désiraient procéder à des exercices d'application. Les communs permettraient la création immédiate d'un atelier de tonnellerie que Monsieur le directeur départemental semblait envisager l'an dernier. L'enseignement donné à l'école par M. le directeur départemental et ses collaborateurs résidant à Blois les obligent à des déplacements hebdomadaires. Il serait possible de remédier à cet inconvénient réel en désignant un titulaire au poste vacant de professeur d'agriculture de l'arrondissement de Vendôme.

    En me plaçant au point de vue des intérêts de notre lycée, je crois devoir, Monsieur le Recteur, attirer votre attention sur l'effet que produirait la suppression de l'école d'agriculture. L’administration collégiale n'en avait nullement sollicité la création : mais, à la réalisation des projets de l'administration départementale elle a apporté, de même que le corps professoral, son concours loyal, empressé, sans réserve. Il n'a pas dépendu d'elle que l'expérience tentée ne donnât des résultats entièrement satisfaisants.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Loiret. 1069 W 82604a. Rapports au préfet, notes et correspondances (1965-1970). Commentaires concernant l’étude de maintien ou la suppression des établissements publics d’enseignement agricole de la région Centre. 22 juillet 1970.

  • Archives départementales du Loiret. 1069 W 82604a. Évolution de l’enseignement agricole dans la région Centre : rapports au préfet, notes et correspondances (1965-1970). Remarques sur la note relative à l’évolution de l’enseignement agricole. Janvier 1971.

  • Archives départementales du Loiret. 1069 W 82721. École d’agriculture d’hiver de Souvigny-en-Sologne (Loir-et-Cher). 18 janvier 1972.

  • Archives départementales du Loiret. 1069 W 82713. Le centre de culture mécanique, annexé à l’ancienne école d’agriculture d’hiver de Châteauroux. 27 septembre 1966.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. 1175 W 90. L'enseignement agricole dans le Loir-et-Cher, Le Vendômois du 2 avril 1971.

  • Archives départementales de l'Indre. 1670 W 7. École d'agriculture d'hiver de Châteauroux, dispositions propres à améliorer son fonctionnement. Le 10 septembre 1946.

Documents figurés
  • L'organisation de l'enseignement agricole dans la région Centre a prévu l'évolution technique et économique, par Jean Hainaux, la Nouvelle République, 1er avril 1965 . (Archives départementales de Loir-et-Cher. 1175 W 79. Préfecture du Loir-et-Cher).

  • L'organisation de l'enseignement agricole dans la région Centre a prévu l'évolution technique et économique, par Jean Hainaux, la Nouvelle République, 1er avril 1965 . (Archives départementales de Loir-et-Cher. 1175 W 79. Préfecture du Loir-et-Cher).

Bibliographie
  • BOULET, Michel, LELORRAIN, Anne-Marie, VIVIER, Nadine. Le printemps de l'enseignement agricole. Dijon : Educagri éditions, 1998.

  • BOULET, Michel (dir.), Établissement National Supérieur d'Agronomie de Dijon. Colloque (19-21 janvier 1999 ; Dijon). Les enjeux de la formation des acteurs de l'agriculture 1760-1945. Dijon : Éducagri Éditions, 2000.

  • BUCHET, Gabriel. L’enseignement agricole en Loir-et-Cher. Blois : S.A.B.I.P. [1929].

  • CHARMASSON, Thérèse, DUVIGNEAU, M., LELORRAIN, Anne-Marie, LE NAOU, H. L'enseignement agricole, 150 ans d'histoire ; évolution historique et atlas contemporain. Dijon : Educagri éditions, 1999.

  • CHARMASSON, Thérèse (dir.), LELORRAIN, Anne-Marie, RIPA,Y. L´Enseignement agricole et vétérinaire de la Révolution à la Libération. Paris : INRP, Publications de la Sorbonne, 1992, CXLV.

  • CHATELAIN, René. L'agriculture française et la formation professionnelle. Paris : Librairie du Recueil Sirey, 1953.

  • France. Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. 5eme schéma prévisionnel national des formations 2009-2014 [en ligne]. Paris : Direction Générale de l'Enseignement et de la Recherche, mission de la stratégie et des systèmes d’information, décembre 2008, consulté en ligne le 2 septembre 2013. http://draaf.picardie.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/5schema_Couleur_cle0a41ad.pdf, inaccessible en 2021.

  • FORLIVESI, Luc, POTTIER, Jean-François, CHASSAT, Sophie (sous la direction de). Éduquer et punir. La colonie agricole et pénitenciaire de Mettray (1839-1937). Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2005.

  • GARRIC, Jean-Philippe. Vers une agritecture, architecture des constructions agricoles (1789-1950). Paris : Mardaga, 2014.

  • LEMBRE, Stéphane. L'école des producteurs. Aux origines de l'enseignement technique en France (1800-1940). Rennes : Presses Universitaires de France, 2013.

Périodiques
  • ABOU EL MAATY, Nagwa. La scolarisation de l’apprentissage agricole en France : les fermes-écoles au service de l’agriculture et de son enseignement (19e siècle-début 20e siècle). Ruralia [en ligne], 2007-21. (cf. lien web ci-dessous).

  • BOUCHENDHOMME, E. L'éducation professionnelle agricole et ménagère. Revue pédagogique, janvier 1918, n° 1, tome 72.

  • BOULET, Michel. La formation des acteurs de l'agriculture en France, 1945-1985 : continuités et ruptures. Ruralia [en ligne], 2001-08. (cf. lien web ci-dessous).

  • CHARMASSON, Thérèse. Une terre en friche : histoire des enseignements agricoles. Histoire de l'éducation [en ligne], n° 34, 1987. (cf. lien web ci-dessous).

  • DESBONS, Pierre. La ferme-école des Hubaudières à Chédigny 1851-1880. Bulletin de la Société archéologique de Touraine. Tome LX, année 2014, p. 273-290.

  • GRIGNON, Claude. L'enseignement agricole et la domination symbolique de la paysannerie. Actes de la recherche en sciences sociales. Hiérarchie sociale des objets, Vol. 1, n°1, janvier 1975 (en ligne : cf. lien web ci-dessous).

  • LELORRAIN, Anne-Marie. Le rôle de l’école laïque et des instituteurs dans la formation agricole (1870 - 1970). Histoire de l'éducation, n° 65, 199. (en ligne : cf. lien-web ci-dessous).

  • MINISTERE DE L'AGRICULTURE. Colloque (23-25 janvier 1985 ; Luçon). Enseignement agricole et formation des ruraux. Le Bulletin DGER. Paris : UNESCO, n° spécial, 2 vol.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Quillivic Claude
Quillivic Claude

Chercheur inventaire Région Centre-Val de Loire depuis 2006.


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