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Bourg : église paroissiale Notre-Dame

Dossier IA28000650 réalisé en 2020

Fiche

VocablesNotre-Dame
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonParc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
AdresseCommune : Vichères
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1811 E2 420 ; 2020 OB 265

D'après l'abbé Beauhaire, une église paroissiale est présente à Vichères dès le 12e siècle, desservie par un certain Robert de 1119 à 1125. Possiblement d'origine romane - bien qu'aucun élément architectural ne puisse le confirmer -, la nef est reconstruite vers 1541 comme l'indique la date portée sur une verrière du chœur. Le bas-côté sud semble correspondre à la même campagne de construction, ainsi que le chevet à pans coupés, le portail ouest, les baies sud et le portail sud obstrué. La charpente de la nef conserve les traces de l'ancien clocheton en bois qui coiffait le pignon ouest. Il a été remplacé par un clocher-porche édifié en 1713 à l'ouest de la nef. Sa charpente est à mettre à l'actif de Pierre Charmez, maître charpentier, comme le montre le marché passé (cf. annexe).

Jusqu'à la fin du 19e siècle, seuls des travaux d'entretien sont à signaler sur l'édifice. Suite à la translation du cimetière (en 1890) qui s'étendait initialement au sud de l'église et formait un monticule, les terres sont enlevées en 1896 pour assainir l'édifice, mettant à nu les fondations des murs et des contreforts, dont l'état de vétusté nécessite d'urgentes réparations. Le 20 août 1896, l'architecte soussigné A. Hallay (?), en dresse les plans et devis s'élevant à 1 345,20 fr. Les travaux sont menés par René Esnault, maçon à Vichères : M. Habert, tuilier à Luigny, fournit 2 100 briques, M. Cottereau Brouard, marchand de chaux à Nogent, 5,5 m3 de chaux hydraulique et M. Jumeau, de Beaumont, le sable. Des travaux divers de consolidation de de charpente et réfection de la couverture sont signalés en 1942, réalisés par M. Naveau, entrepreneur en charpente et couverture, sous le contrôle de Dominique Maunoury, architecte départemental demeurant à Chartres. Autour des années 2004-2005, la couverture est à nouveau refaite et la porte ouest est restaurée.

Période(s)Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Dates1713, daté par source
Auteur(s)Auteur : Charmez Pierre
Charmez Pierre

Charpentier dans le Perche au début du 18e siècle.


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maître charpentier attribution par source
Auteur : Hallay A architecte attribution par source
Auteur : Esnault René maçon attribution par source
Auteur : Naveau charpentier attribution par source
Auteur : Maunoury Dominique
Maunoury Dominique ( - 2001)

Architecte établi à Chartres.


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architecte départemental attribution par source

L'église paroissiale Notre-Dame se situe au cœur du village de Vichères, à mi-hauteur, sur un versant abrupt de la vallée de la Berthe. Précédé d'un clocher-porche à l'ouest, l'édifice comprend une nef accessible par un portail à l'ouest et terminée à l'est par un chevet à pans coupés, ainsi qu'un bas-côté au sud formé de trois travées à pignons. La travée centrale était percée d'un portail Renaissance obstrué tardivement. Il se compose d'une porte en plein cintre encadrée de deux colonnes à chapiteaux corinthiens que surmontent un entablement portant l'inscription sculptée (première strophe du Regina Coeli : cf. annexe), puis un blason buché (non-identifiable) porté par deux agneaux et coiffé d'un fronton triangulaire. A l'ouest, la porte à encadrement mouluré conserve son huisserie à deux vantaux et à décor de panneaux à "plis de serviette". L'anse de panier est surmontée d'un culot recevant initialement une statue (disparue), sur fond de décor polychromique à l'état de vestige. La nef, de plan allongé, est percée de trois petites baies en arc brisé au nord et de trois grandes arcades au sud ouvrant sur le bas-côté. A l'est de la nef, se situe le chœur et son retable de style classique en bois sculpté. Les deux portes qui l'encadrent, surmontées des statues de saint Blaise et de saint Médard, donnent accès à une petite sacristie à l'arrière du retable. Le chœur est éclairé au sud par une baie à remplage de style gothique flamboyant qui conserve en partie son vitrail d'origine. Il est daté de 1541 et porte l'inscription latine "inter natos mulierum non surrexit major Johanne Baptista" (que l'on peut traduire par "parmi ceux nés de femmes, il n'y a pas eu de plus grand que Jean-Baptiste"). D'autres baies gothiques (une à l'est et à l'ouest, deux au sud) éclairent le bas-côté dont les trois travées sont voûtées en ogives. Quant à la nef, elle est couverte d'une fausse voûte lambrissée en berceau segmentaire, qui cache la charpente à chevrons formant ferme. Accessible par un escalier demi-hors-oeuvre en vis en pierre de taille calcaire placé au nord-ouest de la nef, la charpente conserve les traces de la structure de l'ancien clocheton : les assemblages sont laissés vides suite à son démontage (mortaises, mi-bois avec entailles triangulaires, etc.).

Protégeant le portail ouest, le clocher-porche, de plan carré, est ouvert de toute part. Il s'élève sur quatre niveaux séparés par des larmiers et les angles sont renforcés par d'imposants contreforts. Le niveau supérieur, dont les quatre côtés sont percés d'une baie en plein cintre équipée d'abat-sons, est occupé par la chambre des cloches.

Les murs sont en moellons de calcaire, sauf les soubassements en moellons de silex. L'ensemble est couvert en partie d'un enduit ocre. Les chaînages d'angle, les encadrements des baies, les corniches, les larmiers et les contreforts sont en pierre de taille calcaire. Les toits, à pignons découverts et à rampants sculptés, sont à longs pans (nef et bas-côté) et en pavillon (clocher-porche), couverts en tuile plate.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile plate
Plansplan allongé
Couvrementsfausse voûte en berceau segmentaire
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit en pavillon
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
État de conservationrestauré
Techniquessculpture
Représentationsagneau

S'inscrivant dans un paysage pittoresque surplombant la vallée de la Berthe, l'église paroissiale Notre-Dame, dont l'histoire est assez bien connue, conserve des éléments significatifs de l'architecture religieuse percheronne tels que la nef faussement voûtée en berceau et le bas-côté à pignons du 16e siècle, ainsi que le clocher-porche du premier quart du 18e siècle. Elle fait partie des édifices emblématiques de la commune voire du Perche nogentais.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1927/03/02
Précisions sur la protection

Inscription par arrêté du 2 mars 1927.

Annexes

  • Transcription du marché passé avec Pierre Charmez, charpentier, pour la construction de la tour de l'église de Vichères, le 13 avril 1713 (Archives départementales d'Eure-et-Loir ; B 2221).

    Par devant Pierre Lecomte, nottaire et tabellion du conte de Nogent le Bethune au Perche pour la branche (?) et dépendance de la paroisse d’Argenvilliers ??? au ??? dudit conte dudit lieu de la première paroisse dudit Argenvilliers pour ???

    Au trentième jour du mois d’avril l’an 1713 à la tablette ? dudit Vichères après midi

    Fut présent en la présence (de) Pierre Charmez charpentier dudit lieu de la Borde paroisse dudit Vichères lesquels les oblige et s’oblige par ladite présente de faire sur la tour dudit Vichères en (?) pavillon (?) et de la ??? de tout ouvrage de charpenterie ???

    …………………………………………………………………… de la population de vénérable dereste ? personne ??? Charles Trouvé (?) prêtre desservant de ladite paroisse dudit Vichères présent ??? comme gager de ladite église et la fabrique qui a recours audit Charmez de luy faire amener et ??? les matériaux nécessaires pour faire ladite charpente de ladite tour que ledit Charmez travaillera, buchera et esquarira et fera les sièges (?) …………………………………. Nécessaires pour les bâtiments moyennant la somme de quatre-vingt livres que ledit sieur curé ces obligés et s’oblige par la présente de payer audit Charmez a quatre vingt devant la cour du travail dudit ouvrage car ainsi les partis ??? du corps fait en présence de René Robbé marchant dudit au bourg dudit Vichères et de Jacques Ducoeurjoly laboureur dudit au lieu des champs paroisse dudit Vichères ??? qui ont légué (?) ledit ainsi ledit sieur curé et nous notaire ??? que ledit Charmez a déclaré ne savoir signer et de ???

  • Vichères, église Notre-Dame : inscriptions de la cloche

    L’AN DE JC 1850 J’AI ETE BENITE PAR Mr LOUIS JACQUES BRIERE CURE DE NOTRE DAME DE NOGENT LE ROTROU ET NOMMEE MARIE PAR •

    MON PARRAIN CHARLES THEOPHILLE DE BUR ET PAR MA MARRAINE LOUISE CELESTINE BRULE DE BEAUCHENE Mr JEAN BAPTISTE CHARRADE •

    CURE Mr PIERRE DENIS GANNIER CHARLES FRANCOIS MORICE CHARLES ELOI RIGOT JOSEPH LECOMTE JOSEPH GERMOND FRANCOIS ENAULT MARers

  • Vichères, église Notre-Dame : inscriptions du portail sud obstrué : première strophe du Regina Coeli.

    REGINA CELI LETARE ALLA QUIA QUEMERVI

    STI PORARE ALLA RESURREXIT SIGUIDIX

    IT ALLA GRAP NOBIS DE U ALLA

    Traduction du latin :

    "Reine du Ciel, réjouissez-vous

    car Celui que vous avez mérité de porter dans votre sein est ressuscité comme Il l'a dit

    Priez Dieu pour nous"

  • Légende de la châtelaine de Burre (sources : site internet de la commune).

    Les terres des seigneurs de Bure en Vichères étaient situées face au hameau de Gratteloup. A la fin du XVIème siècle, la famille Riants de Villeray s’approprie le domaine. On attribue la construction de la porte latérale de l’église à la dame de Riants, dont l’arrogance et la fierté ne la firent pas aimer des villageois. La légende nous rapporte qu’elle faisait des misères à ses fermiers et à son curé et qu’il fallait même s’agenouiller sur son passage.

    Au grand scandale des habitants de Vichères, on la vit un jour pénétrer dans l’église à dos d’âne ne dédaignant pas descendre pour écouter la messe. Lorsque la dame de Riants mourut, son corps enfla tellement qu’il fallut lui fabriquer un cercueil en forme de barrique. Non sans mal, il fut transporté jusqu’à l’église mais la porte était trop étroite pour le laisser passer. Quand la nuit vint, il fut décidé pour le lendemain d’élargir le portail.

    Au matin, les villageois sont en émoi. Dans la nuit l’entrée avait été murée. Fort sagement, ils pensèrent que Dieu ne voulait pas de méchant dans son église et la dame fut enterrée sans cérémonie.

    Depuis ce temps la grande porte de l’église de Vichères est murée et il faut entrer par le clocher-porche.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; B 2221. Marché avec Pierre Charmez, charpentier, pour la construction de la tour de l'église de Vichères. 1713, le 13 avril.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 2 O 3560. Église paroissiale de Vichères.

Documents figurés
  • Plan de l'église de Vichères/ dressé par l’agent voyer en 1852. (Archives départementales d’Eure-et-Loir ; 1 O 529).

Bibliographie
  • MAILLARD, Florent (dir.), BILLAT, Hélène (dir.). Architectures du Perche. Lyon : Lieux-dits, 2018. 192 p.

    p. 130
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent