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Bourg : chapelle Jehan de Seigne (place de la République)

Dossier IA37005456 réalisé en 2016

Fiche

Repères historiques

Vue d'ensemble au sud-ouest en 2016.Vue d'ensemble au sud-ouest en 2016.Le premier seigneur connu de la famille de Seigne est Guillaume, d’abord cité comme simple écuyer. Propriétaire des fiefs de Bois-Ramé et de Bois-Pataud à Bléré, il épousa le 28 août 1508 Claudine Fortier, fille de Florimond Fortier, trésorier de l’extraordinaire de l’artillerie royale de 1485 à 1516. Guillaume, devenu trésorier général de l’ordinaire de l’artillerie du roi en 1513, accompagna François 1er à Marignan. Il décéda en 1526. La construction d’une chapelle dédiée à saint Jean, destinée à abriter son tombeau ainsi que celui de sa femme, est souvent attribuée à son fils Jehan, mais compte-tenu du fait qu’il n’avait que 12 ans lors du décès de son père, c’est bien ce dernier qui a initié le projet et le plan de la chapelle. Par ailleurs, ses nombreux séjours en Italie lui avaient permis d’être au contact de la modernité architecturale et décorative de son époque. Édifiée sous le patronage de saint Jean-Baptiste, il faut situer la construction de la chapelle dans la décennie 1520-1530 et plus précisément vers 1526. Les artistes y ayant travaillé sont inconnus.

En 1776 s’opéra le déplacement du cimetière de Bléré hors la ville, sur un terrain appartenant à la fabrique (actuelle place de la République) éloigné des habitations, sur lequel se dressait la chapelle, indépendante de toute autre construction. Les textes relatent qu’elle était alors en partie ruinée, dépourvue d’autel et du tombeau qui aurait dû s’y trouver. Madame Pelouze, propriétaire de Chenonceau de 1864 à 1888, avait demandé à Félix Roguet, architecte chargé des restaurations du château, un projet de restauration pour la chapelle, resté sans suite semble-t-il. Les gargouilles ont été ajoutées au cours du 19e siècle.

La question du lanternon

Dans une notice publiée en 1901, l’archiviste tourangeau Charles de Grandmaison relève que "La nef est couverte d’un dôme en pierre figurant une coupole octogonale que surmontait une lanterne également en pierre dont les restes sont encore apparents". La réédification de cette coupole a fait débat. Dans le projet de restauration proposé par Lucien Roy, architecte du gouvernement, 31 juillet 1895, on note l’absence de lanternon, état qui s'est prolongé ainsi jusqu'en 2019. Lucien Roy notait : "La balustrade de la terrasse dont on avait les éléments précis n’existe plus en grande partie", elle a été néanmoins rétablie sur ces dessins.

En 1913, Alphonse Goubert, architecte en chef des Monuments historiques, propose une étude de "restitution d’une lanterne couronnant le dôme" mais son projet n’a jamais été réalisé. Les anges dessinés à la base de la coupole sont inventés. Il faut noter que dans son projet de restauration globale, A. Goubert a dessiné et positionné précisément chaque clé pendante des voûtes d’ogives à liernes et tiercerons. Ce document est aujourd'hui précieux pour la restauration du monument, dont la plupart des clés sont déposées mais toutes sont conservées, et remontables dans leur position d’origine. La chapelle a bénéficié d'un programme complet de restauration commencé en 2018 et achevé en 2020, incluant la restitution du lanternon.

Le décor

Vue d'ensemble du portail. Vue prise en 2010.Vue d'ensemble du portail. Vue prise en 2010.La porte de la chapelle, richement ornée, sans aucun motif religieux, constitue une parfaite illustration des nouveaux modèles architecturaux et décoratifs de la première Renaissance en Val de Loire. Ces éléments contrastent avec le parti encore gothique adopté dans l’édification des baies et des voûtes. Ici, l’arc en anse de panier est orné à la clé d’une agrafe sculptée tandis que de part et d’autre les caissons sont décorés en bas-relief d’un surprenant motif de boulets et de projectiles enflammés. La charge du commanditaire est figurée sans ambiguïté à l’entablement, où sont représentés des boulets enflammées et deux canons affrontés séparés par de fins rinceaux entre lesquels se dresse un putto. Ce type de décor, rare, fait écho à celui de l’église Saint-Pierre d’Assier (Lot) où se déploie un vaste programme sculpté à la gloire du grand maître de l’artillerie Galiot de Genouillac (1512-1546), exécuté entre 1540 et 1549.

Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonCanton de Bléré
AdresseCommune : Bléré
Adresse : 15 place
de la République
Cadastre : 2014 AD 115

Période(s)Principale : 1ère moitié 16e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates1520, daté par travaux historiques
2020, daté par source

La chapelle construite en pierre de taille de tufeau comprend un vaisseau unique constitué d'une travée droite de plan presque carré éclairé par deux baies à remplage flamboyant, prolongé d'une abside semi-circulaire percée de trois baies identiques aux précédentes. L'édifice est couvert de voûtes d'ogives à liernes et tiercerons, ornées de clés pendantes. La travée droite est surmontée d'un tambour qui porte un dôme octogonal coiffé d'un lanternon.

Murscalcaire pierre de taille
Toitcalcaire en couverture
Plansplan massé
Couvrementscoupole
Couverturesextrados de voûte dôme polygonal
État de conservationrestauré
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1875

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 299. Requête de Michel Restru, curé de Bléré, contre les habitants qui refusent de réparer la belle chapelle du cimetière. Vers 1760-1770.

Bibliographie
  • CARRE de BUSSEROLLE, Jacques-Xavier. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Tours : impr. de Rouillé-Ladevèze, 1883.

  • DE GRANDMAISON, Charles. La chapelle de Seigne à Bléré (Indre-et-Loire). Paris : Typographie Plon-Nourrit et Cie, 1901. 16 p.

  • LESUEUR, Frédéric. La chapelle de Seigne. Congrès archéologique de France, CVIe session, Tours, 1948.

    p.220-225
  • RANJARD, Robert. La Touraine archéologique. Guide du touriste en Indre-et-Loire. Tours, 1930.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Lainé Martine

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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