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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire depuis 1972.

L’ensemble de la documentation produite à l’issue des enquêtes et des recherches historiques est disponible en ligne. Les dossiers les plus anciens ont été numérisés et sont accessibles sur la plateforme POP du ministère de la Culture. Depuis 2016, le service Patrimoine et Inventaire publie de nouvelles connaissances sur le présent portail mais vous pouvez également accéder à la totalité des données sur le portail géographique de la Région Centre-Val de Loire de façon à disposer de modalités d’interrogation privilégiant la cartographie.

L’objectif du service Patrimoine et Inventaire est de diffuser au fur et à mesure l’ensemble de ses études, et ce, de manière exhaustive au bénéfice de tous. Nous espérons que ce portail vous donnera l’occasion de belles découvertes.

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Lumière sur

Place Victor-Hugo, avenue du Docteur Jean-Laigret

Une zone hétérogène et en mutation avant-guerre.

L'avenue Victor-Hugo vers 1900. (Collection particulière, B. Guignard).L'avenue Victor-Hugo vers 1900. (Collection particulière, B. Guignard).L'avenue Victor-Hugo - actuelle avenue Jean-Laigret - était avant-guerre une voie au fort dénivelé reliant la gare de chemin de fer à la place Victor-Hugo. Elle constituait la principale voie centrale reliant la ville basse à la partie nord-ouest de la ville, n'étant doublée que par l'étroite rue du Pont-du-Gast. La place Victor-Hugo, au pied de la monumentale façade des loges du Château, était le carrefour névralgique de la ville distribuant la circulation vers ses trois pôles : la ville basse, la ville haute, le coteau.

L'ensemble était alors d'une grande hétérogénéité. Le pavillon Anne-de-Bretagne et l'orangerie des jardins du Château qui bordaient l'avenue au sud évoquaient son caractère historique d'axe reliant le Château et la forêt de Blois. A l'autre extrémité, la gare de chemin de fer construite en 1897 pour remplacer l'ancien embarcadère était venue barrer cet axe ancien et bouleverser son organisation. Entre les deux, côté nord-est, l'usine de chaussures Rousset était installée depuis 1866 sur de vastes terrains cédés par la ville, tandis que le terrain de l'ancien débarcadère demeurait sans nouvelle affectation. Au sud-ouest, elle était bordée par l'école de garçons Victor-Hugo et un jardin. Elle débouchait sur la place Victor-Hugo qui avait fait l'objet à la fin du XIXe siècle d'un aménagement en square selon les plans de Jules de la Morandière. Donnant sur la place, l'église Saint-Vincent était flanquée par l'ancien collège jésuite entièrement clôt de mur et réinvesti par une école de filles. A proximité immédiate du Château, éléments patrimoniaux, friche, industrie et établissements scolaires cohabitaient donc.

Vue aérienne de l'avenue Victor-Hugo avant guerre. On aperçoit à droite l'usine Rousset. (Collection particulière, B. Guignard ; Photo Editions Combier).Vue aérienne de l'avenue Victor-Hugo avant guerre. On aperçoit à droite l'usine Rousset. (Collection particulière, B. Guignard ; Photo Editions Combier).

Déjà, dans son opus de 1915, "Ce qu'on aurait pu faire à Blois depuis 50 ans", l'architecte blésois Arsène Lafargue, regrettant l'implantation de la gare de chemin de fer, avait appelé de ses vœux un rétablissement du caractère historique de l'avenue. Il identifiait en outre la nécessité de désengorger le carrefour de la place Victor-Hugo en reliant plus directement les trois parties de la ville : ville haute, ville basse et quartier de la gare. Ces problématiques furent de nouveau considérées dans le contexte d'élaboration du plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension de la ville (PAEE) dès le début des années vingt. Il fut alors envisagé que la gare soit déplacée au nord de la ville pour rétablir l'axe historique de l'avenue avant que cette proposition ne soit écartée par l'administration de la Compagnie du Paris-Orléans. Par ailleurs, des solutions furent proposées pour résoudre les problèmes de circulation.

Une zone que l'on souhaite requalifier à l'occasion de la Reconstruction.

Cependant, aucune réalisation n'apporta de réponse concrète aux problèmes de l'hétérogénéité et de l'encombrement des place et avenue Victor-Hugo. Aussi, même si cette zone ne fut pas touchée par les bombardements en 1940, on s'empara de l'occasion de la reconstruction et de l'aménagement de la ville pour s'y atteler. Dès le plan de reconstruction de Paul Robert-Houdin d'octobre 1940, la reconstruction et le réaménagement de la ville intégrèrent des transformations dans cette zone. L'architecte proposait de construire un nouvel hôtel des postes en lieu et place de l'ancien collège jésuite et de dédoubler la rue du Pont-du-Gast de part et d'autre de l'église Saint-Vincent afin d'améliorer la circulation aux abords de la place.

Le plan de Charles Nicod, validé en novembre 1942, poursuivait sur cette voie tout en proposant une solution plus complexe et plus aboutie. Il visait tout d'abord à améliorer la circulation automobile. L'ouverture de plusieurs voies nouvelles fut prévue : une rue reliant la rue Gallois et la rue du Pont-du-Gast (coupant la rue rampe Chambourdin), une rue reliant la rue du Pont-du-Gast avec la rue de l'usine à gaz, et le dédoublement de la rue du Pont-du-Gast par un tronçon de voie longeant l'aile gauche de l'église Saint-Vincent en traversant en guichet l'ancien collège des jésuites. Il visait aussi à offrir aux touristes arrivant à Blois en train une entrée de ville plus prestigieuse. Le plan prévoyait l'alignement de l'avenue Victor-Hugo, le rétablissement de sa ligne de verdure, ainsi que la création d'un vaste espace public au nord-ouest de la voie. Il projetait en outre d'y supprimer les activités industrielles rejetées aux marges de la ville selon la logique du zonage et d'y établir des services publics. La construction de l'hôtel des postes était projetée à l'arrière de l'ancien collège jésuite, elle imposait le déplacement de l'école de filles Victor-Hugo : un groupe scolaire, rassemblant écoles primaires de garçons et de filles et école maternelle, fut donc envisagé à la place de l'usine Rousset, qui devait être déplacée dans une autre zone de la ville.

L'étude architecturale de Nicod et Billard, 1942-1943.

Etude spéciale d'architecture de Nicod et Billard : plan, 1942-43. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1).Etude spéciale d'architecture de Nicod et Billard : plan, 1942-43. (Archives municipales de Blois, 12 Fi 1).

Comme toutes les autres places de la ville, l'ensemble place et avenue Victor-Hugo fit l'objet d'une étude spéciale d'architecture à partir de 1942, étude menée par les architectes Charles Nicod et Jacques Billard, également en charge de celle de la place de tête de pont. Le projet reprenait exactement les termes validés du plan. Pour la mise en valeur de l'avenue, et pour répondre à la demande forte de logements, il ajoutait une proposition : construire des habitations sur le terrain de l'ancien débarcadère, sous la forme d'immeubles, le long de la rue de l'usine à gaz, actuelle rue Jean-Moulin, et sous la forme, plus prestigieuse d'hôtels particuliers le long de l'avenue Victor-Hugo. La "vue panoramique de la galerie supérieure du château" annexée à leur dossier témoigne de leur volonté de rétablir le prestige d'une avenue située à proximité immédiate du joyau de la ville.

Une reconstruction qui tarde et dont les plans évoluent, 1950-70.

Comme ailleurs, la reconstruction du quartier Victor-Hugo ne commença pas avant la Libération. Face à l'impératif du relogement des sinistrés, les travaux de construction de logements furent effectués en priorité. Entre 1950 et 1954, immeubles et hôtels furent construits sur le terrains de l'ancien débarcadère, dit îlot U. En revanche, ces logements ne prirent pas comme prévu la forme de petits hôtels particuliers.

Quartier Victor-Hugo : évolution de la voirie de 1941 à nos jours.Quartier Victor-Hugo : évolution de la voirie de 1941 à nos jours.Quant au complexe programme à tiroirs sur le reste de l'avenue, il connut de nouveaux aléas. En 1946, renonçant à l'expropriation trop onéreuse de l'usine Rousset, la ville décida finalement de construire l'école Victor-Hugo de filles sur les terrains de l'îlot B, rue d'Angleterre. Les travaux de la poste, suspendus à la construction de cette dernière, furent repoussés à la seconde moitié des années cinquante. Georges Labro, l'architecte des Postes, conçut également l'aménagement du jardin public qui se déploie aux pieds de la façade sud de la poste. La rue du Père Monsabré, desservant la nouvelle Poste sur sa façade est et reliant la rue du Pont-du-Gast et la rue Gallois, fut percée et viabilisée au début des années soixante. De même, la construction de la rampe Chambourdin sur les plans d'Aubert et Amiot commença en 1961.

Les autres travaux de voirie furent menés peu à peu. Le percement de la rue Jean-Moulin, reliant les rues Gallois et du Père-Monsabré à la gare suivit en 1966-67. Quant aux travaux de voirie derrière Saint-Vincent, ils ne furent menés qu'à partir de la fin des années soixante : la rectification d'une partie de la rue du Pont-du-Gast se fit au prix de la démolition d'une partie de l'école Saint-Charles en 1968-69 et, en compensation, de la surélévation de son bâtiment principal.

L'usine Rousset ferma finalement et sur son emplacement fut construite la résidence Anne-de-Bretagne, au milieu des années soixante.

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