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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire depuis 1972.

L’ensemble de la documentation produite à l’issue des enquêtes et des recherches historiques est disponible en ligne. Les dossiers les plus anciens ont été numérisés et sont accessibles sur la plateforme POP du ministère de la Culture. Depuis 2016, le service Patrimoine et Inventaire publie de nouvelles connaissances sur le présent portail mais vous pouvez également accéder à la totalité des données sur le portail géographique de la Région Centre-Val de Loire de façon à disposer de modalités d’interrogation privilégiant la cartographie.

L’objectif du service Patrimoine et Inventaire est de diffuser au fur et à mesure l’ensemble de ses études, et ce, de manière exhaustive au bénéfice de tous. Nous espérons que ce portail vous donnera l’occasion de belles découvertes.

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Patrimoine culturel des parcs et jardins :
Lumière sur

Cité jardin dite cité rouge

Contexte historique et urbain ; parcours des architectes

Maison de type 1, élévation d'une façade sur rue. (Archives départementales du Loiret, Orléans, 140 W 19 X 3).Maison de type 1, élévation d'une façade sur rue. (Archives départementales du Loiret, Orléans, 140 W 19 X 3).La cité rouge est implantée sur un terrain de forme quadrangulaire d'environ 1,4 ha en bordure de la rue de l'Argonne. Lors de sa création en 1931, le secteur est alors peu urbanisé. Les constructions se concentrent le long de la rue de l'Argonne, ouverte par la Ville au début des années 1920 et autour de laquelle s'implante parallèlement à la Cité rouge (dess. 19) un autre ensemble d'habitations à Bon Marché réalisé par la Société anonyme orléanaise des logements économiques pour familles nombreuses (Cité Bleue). Après la Seconde Guerre mondiale, le secteur connaît un fort développement avec l'aménagement d'un grand ensemble par la Ville le long de l'avenue de la Marne. Le quartier s'est depuis fortement urbanisé avec la multiplication de lotissements pavillonnaires.

Vue de la rue Alexandre-Ribot.Vue de la rue Alexandre-Ribot.Il s'agit du deuxième ensemble de pavillons individuels réalisé par l'Office Public d'H.B.M. d'Orléans qui fait ici appel à des architectes dont l'expérience dans le domaine du logement social est déjà établie. Les architectes Marcel Maurey, André Dubreuil (1895-1948, second Grand Prix de Rome en 1927) et Roger Hummel (1900-1983, second Grand Prix de Rome en 1928) sont également les auteurs d'un groupe d'Habitations à Bon Marché à Troyes. Dubreuil et Hummel, associés à partir de 1928, travaillent à la même période sous la direction d'Henri Sellier, Président de l'Office Public d'H.B.M. du département de la Seine, pour lequel ils construisent entre 1931 et 1933 un groupe de 600 logements, la cité Dufourmantelle à Maisons-Alfort (source : Institut Français d'Architecture).

Le programme de logements

La cité rouge se compose de 58 maisons individuelles construites selon trois types répartis comme suit : 10 maisons de type A, 24 maisons de type 1 et 24 maisons de type 2. Les logements sont conformes aux normes de la loi du 13 juillet 1928, dite loi Loucheur. S'ils ne possèdent pas de salle de bain, non prévue dans les H.B.M. ordinaires, ils disposent en revanche dès l'origine de W.C., de l'eau courante et de l'électricité, dispositions qui restent à cette période facultatives.

La maison de type A comprend trois pièces en rez-de-chaussée. Un Maisons jumelées de type 2, élévation des façades. (Archives départementales du Loiret, Orléans, 140 W 19 X 3).Maisons jumelées de type 2, élévation des façades. (Archives départementales du Loiret, Orléans, 140 W 19 X 3).hall dessert une salle commune avec cheminée, une chambre, et des W.C. La cuisine et la buanderie groupées, ainsi qu'un bûcher, sont disposés en retour côté jardin. La maison de type 1, à un étage carré, comprend cinq pièces. L'entrée de la maison est située sur le mur pignon et donne accès à la salle commune qui dessert une chambre, des W.C., une cuisine et une buanderie placées en retour. Le bûcher, accolé à la buanderie est indépendant et accessible depuis le jardin. Un escalier droit dessert deux chambres à l'étage. Enfin, la maison de type 2 comprend également cinq pièces sur deux niveaux. Par soucis d'économie et de gain d'espace, la salle à manger et la cuisine sont combinés dans un seul espace. Le bûcher et la buanderie, autonomes, sont placés en retour ou dans une aile latérale. Un escalier tournant mène à un pallier à l'étage, qui dessert deux chambres, dont une de 15 m², et des W.C.

Caractéristiques morphologiques et architecturales

Maisons de type 2 avec passage central, 10-12 rue Louis-Loucheur.Maisons de type 2 avec passage central, 10-12 rue Louis-Loucheur.La cité met en oeuvre plusieurs principes de la cité-jardin anglaise théorisés par Raymond Unwin au début du vingtième siècle (Town planning in practice, 1909) : création de séquences visuelles et de cheminements, groupement des maisons, standardisation et traitement pittoresque.

Elle combine des espaces privatifs (le logement et le jardin individuel), semi-privatifs (les chemins) et collectif (la place). Deux rues principales permettent de distribuer les parcelles et se rejoignent au centre pour former une place. Le réseau secondaire se compose de plusieurs chemins reliant les rues principales, ou desservant les jardins en fond de parcelles. L'un des chemins, reliant la rue de Reims à la rue Louis-Loucheur, constitue le seul accès piétonnier de la cité. L'habitant est alors invité à emprunter ce passage (aujourd'hui condamné rue de Reims) signalé à ses deux extrémités par des porches couverts aménagés entre deux maisons de type 2 (cette caractéristique est également présente cité Émile-Zola).

Maisons jumelées de type 2, 112-114 rue de l'Argonne.Maisons jumelées de type 2, 112-114 rue de l'Argonne.Les maisons sont groupées par deux ou par quatre selon trois combinaisons. Les maisons de type A sont groupées aux maisons de type 2 selon un mode ABBA ou BAAB et les maisons de type 1 sont jumelées. Ces différents groupements, dont le principe s'inscrit d'abord dans une logique économique, répondent à une composition précise qui participe à une mise en valeur réciproque des habitations et des espaces publics (rues et place). Les groupes de quatre maisons signalent les entrées de la cité (rue de l'Argonne ou rue de Reims) et ferment les perspectives, tandis que les maisons de type 1 forment une séquence visuelle au centre de la cité.

Détail de fenêtres elliptiques, 15-17 rue Alexandre-Ribot, Détail de fenêtres elliptiques, 15-17 rue Alexandre-Ribot, D'un point de vue architectural, la cité rouge témoigne d'un souci de standardisation qui échappe toutefois à la monotonie grâce à une variation subtile des détails. Les parcelles sont clôturées par des barrières uniformes en ciment. Des deux pergolas qui soulignaient à l'origine les maisons situées de part et d'autre de la place (n° 6 et 7 rue Louis-Loucheur), il ne reste que la base composée de deux colonnes en ciment jointes par une barrière, conservée au n° 6. En façade, les entrées sont marquées par deux piédroits surmontés d'un linteau, en brique apparente ou enduite, dont le type est également utilisé par les architectes à Troyes. Les baies rectangulaires sont associées à des petites fenêtres de formes elliptique ou hexagonale éclairant les W.C. ou les cages d'escalier. Enfin, chaque maison est individualisée par des éléments décoratifs de brique composés de bandeaux horizontaux, de carrés, d'hexagones ou d'arcs qui s'ajoutent aux bandeaux de moellons appareillés.

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