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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire depuis 1972.

L’ensemble de la documentation produite à l’issue des enquêtes et des recherches historiques est disponible en ligne. Les dossiers les plus anciens ont été numérisés et sont accessibles sur la plateforme POP du ministère de la Culture. Depuis 2016, le service Patrimoine et Inventaire publie de nouvelles connaissances sur le présent portail mais vous pouvez également accéder à la totalité des données sur le portail géographique de la Région Centre-Val de Loire de façon à disposer de modalités d’interrogation privilégiant la cartographie.

L’objectif du service Patrimoine et Inventaire est de diffuser au fur et à mesure l’ensemble de ses études, et ce, de manière exhaustive au bénéfice de tous. Nous espérons que ce portail vous donnera l’occasion de belles découvertes.

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Lumière sur

Mausolée dit de Sully

Historique

Construction

Le 19 novembre 16391, le Duc et la Duchesse de Sully versent la somme de 51 livres 5 sols aux administrateurs de l’Hôtel-Dieu afin d’obtenir une concession dans l’enceinte de l’institution. Le couple étant protestant, l’emplacement du mausolée est fixé à l’extérieur de la chapelle Saint-Jacques, mais à l’intérieur de la cour de l’Hôtel-Dieu.

Maximilien de Béthune meurt le 22 décembre 1641 dans son château de Villebon à l’âge de 82 ans2. Le mausolée n’étant pas achevé à cette date3, Rachel de Cochefilet fait exposer la dépouille de son époux au château de Villebon (28) dans l’attente de l’achèvement du sépulcre. Le mausolée est achevé en 16424. Sa pièce maîtresse est constituée par une ronde bosse en marbre, signée de Barthélemy Boudin, un sculpteur parisien proche de la cour royale. Son père Thomas Boudin5, également sculpteur, est l’auteur des bas-reliefs du chœur de la cathédrale de Chartres ainsi que du mausolée de Diane d’Angoulême à Paris.

L’année suivante la duchesse douairière fait don de 2000 livres à l’Hôtel-Dieu afin d’assurer l’entretien du mausolée et garantir sa concession aux côtés du Duc6. Rachel de Cochefilet fait également ajouter une ronde bosse à son effigie à côté de celle de Sully. La datation de la statue est comprise entre 1642 et 1659. Rachel de Cochefilet meurt le 30 décembre 1659 à Paris, elle était âgée de 97 ans7. Ses restes sont déposés auprès de son époux à l’Hôtel-Dieu de Nogent.

Altérations et restaurations

Le mausolée de Sully a été relativement épargné par les profanations révolutionnaires, à l’exception des cercueils de plomb qui furent certainement fondus en 17938. Les restes de Sully et de sa femme sont redéposés dans le cimetière de l’hôtel-Dieu où ils auraient été découverts lors de fouilles réalisées en 1883 sous la direction du Dr. Desplantes9. Leurs restes sont remis à Maximilien de Béthune-Sully, leur héritier. Ils sont actuellement conservés au château de Sully-sur-Loire. Quelques ossements issus des découvertes de 1884 sont néanmoins conservés et placés à l’abri d’un sarcophage dans le mausolée de Sully10.

Description

Le mausolée est accessible depuis la rue Sully par un portail monumental donnant accès à une cour close où l’édifice prend place. Le mausolée est situé au nord de celle-ci, il est invisible depuis la rue. Il se développe selon un plan hexagonal de 3,5 m de diamètre dont les côtés nord et nord-est sont plaqués contre les maçonneries du chœur de l’église Notre-Dame.

L’espace interne est accessible par deux marches depuis la cour. Les murs de l’unique salle sont laissés nus, à l’exception du pan sud, orné par une épitaphe de marbre. L’espace central est occupé par deux rondes-bosses d’orants, représentant Sully et son épouse (cf. tombeau de Sully). Ils sont tournés vers l’Orient et agenouillés sur un socle rectangulaire en calcaire. Le caveau est accessible par une trappe, disposée devant les statues. Celle-ci donne accès à six marches qui permettent de descendre dans la chambre mortuaire. L’édifice est couvert par une coupole peinte en bleu ciel11 elle-même surmontée par un dôme brisé en ardoise à six côtés. En partie haute, les ardoises de la couverture sont disposées en écailles.

Vue du sud-est.Vue du sud-est.Vue d'ensemble de la porte du mausolée.Vue d'ensemble de la porte du mausolée.

A l’extérieur, les pans du mausolée sont scandés par des pilastres d’angle à piédestal, bases et chapiteaux ioniques. Les chapiteaux sont surmontés par des morceaux d’entablement portant une frise laissée nue et une corniche. L’espace est éclairé par une seule fenêtre au sud, elle est composée d’une plate-bande à crossettes. L’espace est accessible par une porte ménagée entre deux pilastres sur piédestal couronnés de consoles à volutes feuillagées portant un tympan semi-circulaire. Le tympan est composé d’un décor végétal outrepassant son cadre, le blason qui composait le centre de la composition a été buché. L’ouverture est couronnée par un acrotère en vasque fleurie reposant sur une archivolte débordante.

Conclusion

La date d’achèvement des travaux fixée par la signature de Boudin en 1642 concorde avec le programme architectural proposé : interpénétration des formes hexagonale et circulaire entre plan et coupole ; utilisation d’un fronton circulaire débordant supporté par des consoles à volutes présentées de face et de profil sur des pilastres laissés libres ; utilisation de chapiteaux ioniques se retournant de part et d’autre des faces du mausolée sur lesquelles ils prennent place et utilisation d’une fenêtre à crossettes.

Si l’on note les libertés prises par l’architecte avec les modèles antiques, force est de constater que l’interface entre les chapiteaux et les consoles, avec l’entablement pour les premiers et le fronton pour les secondes, s’enchaîne maladroitement. Ceci évoque plus un tâtonnement qu'une parfaite maîtrise des modèles antiques.

1BALLAND, Geor Robert. Sully, soldat, ministre et gentilhomme campagnard (1560-1641). Paris. 2010. p. 81 2DE BÉTHUNE, Maximilien. BASTIEN, Jean-François. Mémoires de Sully, principal ministre de Henri le Grand, tome 5, Paris, 1788. p. 3783Le devis pour l’établissement du sépulcre est passé en 1641. Source originale : AD 28. Série B. cote B 2604. 4La date portée du sculpteur Boudin sur le buste de Sully faisant foi.5BRESC-BAUTIER, G. Thomas Boudin sculpteur du Roi. La revue du Louvre. N°2. 1979. p. 90.6PROUST. Stanislas. Inventaire sommaire des Archives des hospices de Nogent-le-Rotrou depuis leur fondation jusqu'à 1790. Nogent-le-Rotrou. 1889. Source originale : Archives municipales de Nogent-le-Rotrou. Hôtel-Dieu. Testaments, donations. 4. 5. 6.7DE BÉTHUNE, Maximilien. BASTIEN, Jean-François. Mémoires de Sully, principal ministre de Henri le Grand, tome 5, Paris, 1788. p. 3818FAUQUET, G. le mausolée de Sully. Bulletin Percheron. T29. n°86. 1934. p.79FAUQUET, G. le mausolée de Sully. Bulletin Percheron. T29. n°86. 1934. p. 710Médiathèque du Patrimoine. Charenton-le-Pont. Cote: 0081/028/156. Eglise Notre-Dame. Une partie de l’ancienne charpente du mausolée est conservée dans les combles du château Saint-Jean.11Elle était encore peinte de couleur azur et semée de fleurs de lys en 1788. Extrait de FAUCQUET, G. « Le tombeau de Sully dans Bulletin Percheron, T29, n°86, 1934, p.7.
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